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Pour une république laïque et indivisible : Conférence débat, jeudi 10 novembre à Saint-Paul.


"Fraternité Multicolore" 

Conférence de M. Patrick Kessel, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, Président du Comité Laïcité République ce jeudi 10 novembre 2011 à 18 h au Centre Culturel Leconte de Lisle à Saint-Paul. 

Nous y serons, bien sûr ! 

Communiqué de l'Association des Libres Penseurs de France

Cela fait quelques mois que la France connait une montée de l’intolérance religieuse qui veut interdire ou faire interdire tout ce qui ne lui plaît pas au nom de Dieu ou d’Allah. Ces pressions remettent en cause le droit fondamental de liberté de conscience et de la presse… qui sont essentielles en système démocratique. Le délit de blasphème n’existe plus mais certains aimeraient bien le remettre au goût du jour. Ainsi, à Avignon, un commando catholique a détruit l’œuvre d’art Piss Christ, le Directeur du musée a aussi reçu des menaces de mort.

Peu après, des catholiques ont voulu faire interdire le festival hard rock Hellfest. Enfin, ce sont maintenant des pièces de théâtre telles que "Sur le visage du fils de Dieu" de Roméo Castellucci, jouée actuellement à Paris, qui est fortement perturbée par des catholiques (220 arrestations en une semaine).

Une autre pièce est déjà dans le collimateur des fous de Jésus Golgota Picnic. Ainsi, chaque soir, des dizaines de catholiques prient devant le théâtre, exerçant ainsi une pression quotidienne sur le Directeur du théâtre, les acteurs et les spectateurs devant braver les fidèles pour rentrer. Qui osera rejouer cette pièce plus tard ?

Et les messages envoyés par mails : il s’agit de menaces et d’insultes parfois à caractère antisémite et raciste. Rappelons la sortie du film la dernière tentation du Christ : au début, les catholiques priaient soit-disant pacifiquement devant les cinémas. En fait, ils obstruaient l’entrée des salles de cinémas, invectivaient ceux qui osaient entrer puis après ils avaient été plus loin en brûlant une salle à Paris (plusieurs blessés et un mort).

A Lyon, un groupe anarchiste était en face des prieurs jusqu’au jour où le service d’ordre du FN et autres fascistes sont venus en force pour soutenir les fidèles à coups de lacrymogène et barre de fer… Tout cela pour dire que si les fortes pressions ne suffisent pas, les fous de Dieu passent à l’acte…

Enfin, Charlie Hebdo a été la cible d’un attentat ignoble qui a détruit son siège, dans le même moment son site internet était piraté par des islamistes et depuis quelques jours des menaces de mort sont proférés contre l’hébergeur du site internet. Le journal ayant osé parler de l’islamisme suite aux élections en Tunisie, ce qui n’a pas plus aux fondamentalistes qui ont piraté le site internet.

Ceux-ci ont revendiqué l’action par « une lutte contre une publication qui attaque nos croyances et nos valeurs ». Depuis, certains journalistes de Charlie Hebdo sont sous protection de la Police… Rappelons, pour exemple, qu’en Suisse (en 2005), une autre pièce de théâtre le fanatisme ou Mahomet le prophète de Voltaire a été annulée suite aux pressions exercées par les islamistes, Tariq Ramadan en tête.

Autre élément significatif, une manifestation organisée par les catholiques intégristes ayant rassemblé 1500 participants a vu défiler main dans la main des militants des plus fascistes avec les catholiques et les islamistes. Les extrémistes se rejoignent dans la haine de la démocratie, de la République, de la laïcité.

L’ADLPF, quant à elle rappelle avec force que la liberté de conscience, d’expression et de la presse sont des acquis indissociables de la démocratie.

L’ADLPF condamne avec la plus grande énergie tout acte de violence et de menace qui sont contraires à l’idée même de débat et de respect.

Nous appelons tous les laïques mais aussi plus largement tous les citoyens attachés à la démocratie à se mobiliser pour défendre la liberté de conscience.

Le Conseil d’État bafoue la séparation des Églises et de l’État

Communiqué : 
Les décisions rendues le 19 juillet 2011 par le Conseil d’État ne peuvent que révolter les Libres Penseurs et tous les véritables défenseurs de la laïcité. Elles vident de sa substance la Loi de Séparation des églises et de l’État. Contrairement à ce qui a été exprimé en présentation de ces décisions, la loi de 1905 qui fonde la laïcité institutionnelle est bel et bien « enrayée ».

Pour les cinq affaires, présentées ensemble, où le Conseil d’État s’est prononcé, les jugements des deux premières instances administratives (Tribunal Administratif et Tribunal Administratif d’Appel) ont été infirmés et on donne donc raison aux collectivités locales qui bafouent la loi de séparation des Églises et de l’État en utilisant des fonds publics pour des réalisations bénéficiant soit à l’Église catholique à Lyon (ascenseur de la basilique de Fourvière) et à Trélazé (orgue de l’église), soit au culte musulman à Montpellier (salle polyvalente à usage cultuel), au Mans (abattoir rituel) et à Montreuil-sous-Bois (bail emphytéotique pour la mosquée à un euro par an).

Pour justifier ces décisions iniques qui ouvrent des brèches où s’engouffreront tous les arrangements clientélistes, est invoqué soit un « intérêt public local », soit un aspect culturel, soit un équilibre à rétablir en faveur d’une religion, soit encore une nécessité hygiénique. Autrement dit, tous les motifs sont recevables pour ne pas respecter la loi de 1905. Celle-ci dispose que « l’Etat ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». C’est donc la neutralité qui devrait s’imposer et non la reconnaissance officielle des diverses religions. Or, dans ces décisions, le seul argument que l’on ne retient pas, le seul principe que l’on méconnaît est précisément celui qui fonde la laïcité de nos institutions. Il n’a pesé d’aucun poids face à tous les arguments d’opportunité. Tout cela évoque les « accommodements raisonnables » auxquels le Québec a cru devoir recourir et qui s’avèrent ingérables en raison des dérives et replis communautaristes ainsi suscités.

L’Association Des Libres Penseurs de France (A.D.L.P.F., section de l’Union Mondiale des Libres Penseurs) fustige tous les tenants d’une « laïcité ouverte » - négation de la laïcité tout court – qui ne voient dans ces décisions qu’un « assouplissement », un « adoucissement », une « modernisation » ou encore un « dépoussiérage » de la loi de Séparation des Églises et de l’État. Elle joint sa protestation à celles déjà élevées, notamment par le Parti Radical de Gauche et par l’Observatoire International de la Laïcité Contre les Dérives Communautaires. Elle appelle les laïques à se mobiliser et à tout mettre en œuvre pour que ces décisions ne puissent pas faire jurisprudence.

Suites du Congrès de l'ADLPF des 2 & 3 juin 2011

Réunis en congrès à Piriac les 2 et 3 juin 2011, les Libres Penseurs de l’ADLPF expriment leur satisfaction que le Sénat se soit prononcé pour l’instauration d’une journée officielle de la laïcité le 9 décembre, date anniversaire de la promulgation de la loi de séparation des églises et de l’Etat, et qu’il réponde ainsi favorablement à cette demande formulée par notre association depuis 2005.

Ils rappellent que la laïcité est un principe qui transcende toutes les idéologies et se situe à l’exact opposé de toute forme de discrimination et de violence. Elle constitue donc un gage de paix et de liberté pour tous.

L’ADLPF revendique :
  • l’application intégrale de la loi de séparation des églises et de l’Etat sur tout le territoire national ;
  • la non reconnaissance du pseudo Etat du Vatican, créé par Mussolini (accords du Latran) ;
  • l’exigence que les représentants de la Nation et les fonctionnaires s’abstiennent de participer, es qualités, à toute manifestation religieuse et, a fortiori, aux pitreries telles que la reconnaissance de miracles et la béatification de leurs prétendus auteurs ;
  • l’abrogation de la loi Debré de 1959 d’aide à l’enseignement privé et de toutes les lois scolaires anti-laïques qui contreviennent au principe républicain d’attribution des fonds publics à la seule école publique ; la fin du dualisme scolaire et la nationalisation laïque de l’enseignement ;
  • la reconnaissance de l’espéranto comme langue internationale et la création d’une option espéranto au baccalauréat ;
  • le désarmement universel ;
  • la laïcisation des noms de toutes les fêtes légales, à l’instar de ce qui a déjà été effectué en Uruguay où, par exemple, le 25 décembre est devenu la « fête de la famille », et même en France avec la transformation des « vacances de Pâques » en « vacances de printemps » ;
  • l’utilisation partagée, entre les différents cultes, des édifices religieux entretenus par le contribuable ;
  • l’accès des représentants des libres penseurs aux émissions de télévision du service public.
Motion Sociale :

Les Libres Penseurs de l’A.D.L.P.F rappellent leur opposition fondamentale à l’exploitation humaine sous toutes ses formes. De tout temps, les pouvoirs religieux ont prêté la main au pouvoir politique pour imposer et justifier l’exploitation, tout en l’exerçant eux-mêmes pour leur propre compte.


De nos jours, la forme d’exploitation en vigueur est le système néolibéral qui, en se mondialisant, exerce une domination de plus en plus brutale sur les peuples : durcissement des conditions générales de travail, chômage de masse, expropriations massives des paysans partout dans le monde. Le cynisme des actionnaires et dirigeants des grandes firmes industrielles, notamment chimiques, pharmaceutiques et nucléaires, provoque des désastres écologiques.

Parallèlement, on assiste à un retour en force de la pensée magique, de la religiosité et surtout des intégrismes, ce qui peut s’interpréter comme le besoin de trouver une réponse et une issue au désespoir.

Les Libres Penseurs de l’A.D.L.P.F. dénoncent cet état de fait : ils condamnent avec la même vigueur l’exploitation capitaliste qui, après avoir vidé l’être humain de sa substance et de son énergie pour en tirer profit, ne lui laisse que l’irrationnel et le religieux pour se consoler et apprendre à se résigner.

Bioéthique :

L’ADLPF dénonce l’attitude obscurantiste et rétrograde de l’église catholique qui persiste à vouloir imposer ses dogmes concernant la bioéthique. L’archevêque de Paris va même jusqu’à considérer comme un « recul de civilisation » le simple fait que les parlementaires débattent de cette question.
Ce serait un comble, dans une démocratie laïque, que le Vatican impose ses diktats aux élus du peuple !

Commission des rituels :

L’ADLPF encourage le parrainage civil et le mariage civil citoyen et souhaite la mise à disposition d’une salle dédiée aux obsèques civiles dans toute commune, communauté ou agglomération de communes.

L’ADLPF condamne tout type de mutilation et invite chaque citoyen témoin de tels faits à déposer une main-courante au commissariat de police ou à la gendarmerie, dans la mesure où cet acte, en droit français, est considéré comme un crime et qu’il est donc passible d’un procès en Cour d’Assises.

Attachée aux valeurs d’égalité et de fraternité, l’ADLPF condamne l’existence, dans les cimetières, de carrés confessionnels ségrégationnistes qui n’existent, là où ils sont implantés, que par le laisser-faire ou la complicité des municipalités.

Elle regrette que les services de l’État civil de certaines municipalités délèguent à des associations, cléricales ou non, la gestion de l’inhumation des indigents.

L’ADLPF partage les valeurs et actions défendues par l’ADMD et la Fédération des Crématistes, dans le cadre du respect de la laïcité.


Congrès de Piriac les 2 et 3 juin 2011

Libres Penseuses du Québec


Un Webzine de Libres Penseuses Québecoises ami de notre blog
... à visiter régulièrement sans restriction : http://atypique.ca/

Libres Penseurs de la Réunion sur Facebook

Ca-y-est, après quelques réticences nous avons passé le pas; nous venons de créer notre compte Facebook !

Vous pourrez donc nous retrouver désormais aussi sur ce réseau social à l'adresse suivante : Page Facebook de l'ADLPR

Soyez indulgents, nous ne maîtrisons pas encore toutes les subtilités de Facebook, merci de rejoindre notre communauté pour que nos échanges soient de plus en plus fructueux et que nos idées soient exposées et débattues avec le plus grand nombre. Nous comptons, en effet, faire de notre page Facebook un espace de dialogues et d'échanges propices au débat.

Chers lecteurs, abonnés et amis de ce Blog, on compte sur vous !

Les Libres Penseurs de la Réunion

Bonne nouvelle, le Sénat adopte l'instauration d'une "Journée Nationale de la Laïcité"

Le Sénat a adopté la résolution suivante :

Le Sénat,

Vu l’article 34-1 de la Constitution,

Rappelant que l’article 1er de la Constitution proclame que la France est une République laïque

Considérant que la laïcité doit être un principe fondamental constamment rappelé, car il est ce qui nous permet de vivre ensemble, dans le respect des croyances et pratiques religieuses, des opinions et convictions diverses de chacun.

Demande que la République française instaure une journée nationale de la laïcité, garante de la cohésion républicaine, non fériée ni chômée, fixée au 9 décembre, et permettant chaque année de faire le point sur les différentes actions menées en la matière par les pouvoirs publics, ainsi qu’être l’occasion de manifestations au sein du système associatif et éducatif.

Délibéré en séance publique, à Paris, le 31 mai 2011.

Le Président,
Signé : Gérard LARCHER

Le dossier consultable sur le site du Sénat : ici

Ni Allah, ni Maître


La cinéaste tunisienne Nadia El Fani pour avoir travailler sur la question laïque en Tunisie et titré son film «Ni Allah, ni maitre» est devenue la cible de milliers d’obscurantistes qui en appellent sur le web à l’agression physique,voire au meurtre. La Quinzaine des réalisateurs rendra hommage aujourd’hui à son courage en ouverture du festival de Cannes, en même temps qu’au cinéaste iranien Jafar Panahi, condamné à six ans de prison par les mollahs de la république islamique.

«Ni Allah ni Maitre» ne sera toutefois pas présenté à la Quinzaine mais en projection publique, le 18 mai. Les Tunisiens, eux, en ont eu la primeur il y a quelques semaines. Un reportage a suivi sur la chaine Hannibal TV et c’est ce qui a mis le feu aux poudres. La cinéaste y expliquait tranquillement son propos : un voyage dans une Tunisie tolérante à l’été 2010, parmi ceux qui refusaient de faire le Ramadan. La révolution arrive alors qu’elle travaille sur le montage du document. Caméra au poing, elle se précipite dans la rue, sur l’esplanade de la Kasbah, et découvre que la laïcité est l’un des débats les plus importants et les plus passionnés de ces premiers jours d’un monde nouveau. La première banderole « Tunisie laïque ! » est brandie lors de la première manifestation des femmes, le 28 janvier. En souriant, Nadia El Fani explique donc à Hannibal TV que ses choix, son histoire ne font pas d’elle une amie des islamistes avec lesquels elle est en guerre idéologiquement.

Scandale ! Les islamistes reprennent et diffusent sur Internet deux minutes de l’interview, agrémentées de caricatures et d’insultes. « Qu’il y ait des milliers de crachats sur elle ! » tapent frénétiquement les fanatiques qui déforment sa photo et la figurent en diable, en singe, en porc, en cadavre ou le crâne explosé. A son tour, cédant à la panique et à la pression comme si l’intégrisme était roi,Hannibal TV, lâchement, diffuse dans ses programmes un bandeau où la chaine « se désolidarise des propos tenus contre l’Islam par Nadia El Fani ». La journaliste qui a réalisé l’interview de la cinéaste est licenciée ! Mais le plus douloureux, explique Nadia, « c’est le silence des partis politiques de gauche » alors même qu’ils se proclament les défenseurs de la jeune démocratie tunisienne. Un autre cinéaste, Nouri Bouzid, a déjà été victime d’agressions. Le chanteur de rap « Psyco. M », qui clame sa sympathie pour le mouvement islamiste Ennahda, hurle dans un de ses textes « Attaquons Nouri Bouzid à la kalachnikov ! »....

Affolée, un pan de l’opinion commence à se mobiliser. A Paris, où Nadia est également menacée, l’association Ni Putes ni Soumises prépare un manifeste pour la soutenir sous le slogan : « J’ai le droit de dire que je ne crois pas en Dieu ». L’affaire El Fani devient ainsi emblématique. Non seulement de la jeune Tunisie guettée par des obscurantistes mais aussi de la situation des «musulmans laïcs » selon le terme imprécis qui désigne simplement des hommes et des femmes libres penseurs.

Soutenons Nadia El Fani !


A voir émission "Empreintes : Michel Onfray, philosophe & citoyen"

Créateur de "l'Université populaire du goût" à Argentan et de l'Université populaire de Caen, Michel Onfray vit en Normandie, entre l'Orne et le Calvados. Fils d'un ouvrier agricole et d'une femme de ménage, auteur traduit dans plus de 30 langues, il répète volontiers qu'il a été "sauvé" par la philosophie.

La caméra suit cet hédoniste du quotidien, toujours entre la pensée et l'action. On le découvre, loin des ors du Paris intellectuel, évoquant son enfance, accueillant ses invités sur le quai de la gare ou faisant la cuisine pour ses élèves avant un cours... 

Une journée aux côtés de Michel Onfray sur les lieux de son enfance, dans l’Orne, où il a créé l’Université populaire et l’Université populaire du goût. Le philosophe revient sur ses origines modestes, l’importance de la figure paternelle et les racines de son engagement intellectuel, marqué par l’hédonisme et l’athéisme. L’occasion de découvrir la face intime d’un homme qui dit avoir été sauvé par la philosophie. 

"Fils d’ouvrier agricole et de femme de ménage, on ne sait pas qu’on peut aller à l’université, faire des études. On a envie d’un travail vite. Finalement, j’ai passé mon bac, j’ai fait de la philo et je n’en suis pas sorti.Mon père était ouvrier agricole. Il était propriétaire de sa force de travail, mais de rien d’autre. C’était un prolétaire des champs.La vérité de la bibliothèque, c’est que la vérité du monde est dans le monde. Ceux qui ne sortent pas de la bibliothèque et qui n’ont pas compris ça sont des gens qui n’ont pas compris le monde.

[A propos de la religion catholique.] C’est par la suite que j’ai compris combien l’imposture était planétaire, combien elle était généralisée, problématique (…), que les dégâts avaient été extrêmement importants. Mais chacun s’arrange comme il peut avec sa vie et avec sa raison. Pathologiquement, je ne supporte pas le mensonge et l’injustice. C’est une viscéralité.

Je suis fils de pauvres, et la philosophie m’a sauvé.Je crois plus à mes idées qu’aux gens. J’ai une espèce d’idéal qui fait probablement de moi un psychorigide. J’ai une éthique de conviction très sévère, très austère. Je crois vraiment qu’il y a des choses qu’on fait et des choses qu’on ne fait pas, des choses justes et des choses injustes. Je suis le plus gentil des garçons, quand on ne vient pas me chercher.

Ce vin que j’ai plaisir à boire, cette cuisine que j’ai plaisir à manger, je voudrais la partager avec vous. Je voudrais que vous aussi puissiez y accéder. Je crée une université populaire du goût pour éduquer au goût. L’éducation sensorielle est une dimension philosophique incarnée. (…) S’il y a du plaisir, partageons-le, fabriquons-le, construisons-le, rendons-le possible collectivement.

J’ai créé l’Université populaire en octobre 2002 parce que Le Pen était arrivé au second tour de la présidentielle par la grâce du suffrage universel. Je me suis dit : « Plutôt que de râler, agissons, faisons, construisons. » Quand il y a de la bêtise, il faut combattre avec la culture, le savoir, l’intelligence. (…) Le savoir est un pouvoir et le bon savoir est un bon contre-pouvoir."

A écouter : émission de Radio sur la Loi de Séparation des Eglises et de l'Etat

Sur France Inter, émission "La Marche de l'Histoire" du 31 mars 2011, téléchargeable en Podcast :


Avec Jacqueline Lalouette, Professeure d'histoire contemporaine à l'Université Lille, spécialiste des questions politiques et religieuses en France au XIXe siècle. A publié l'ouvrage "La séparation des Eglises et de l'Etat - Genèse et développement d'une idée (1789-1905)", édition du Seuil, Collection L'Univers historique, 2005.

Sarkozy fait l'éloge de la chrétienneté et se moque ainsi notre République laïque



Sarkozy, "président de la République laïque". Une position qui a permis au locataire de l'Elysée de faire l'éloge de l'héritage de la chrétienté au Puy-en-Velay, haut lieu du catholicisme et un des points de départs des chemins de Compostelle. Jeudi dernier (3 mars 2010), le président de la République effectuait un déplacement dans la préfecture de la Haute-Loire sur le thème de la laïcité. La "chrétienté a laissé" à la France "un magnifique héritage de civilisation", a-t-il déclaré avant d'ajouter: "Cet héritage nous oblige, cet héritage, c'est une chance, mais c'est d'abord un devoir, il nous oblige, nous devons le transmettre aux générations, et nous devons l'assumer sans complexe et sans fausse pudeur."

Un éloge pour le moins très mal placé alors que le chef de l'Etat est, par sa fonction, garant de la laïcité de notre République ! Récupérant au passage la pensée de Claude Lévi-Strauss, Nicolas Sarkozy a fait valoir que "l'identité (n'était) pas une pathologie". "Sans identité, il n'y a pas de diversité", a-t-il ajouté. "Personne n'est prisonnier de l'histoire de son pays, mais il est toujours dangereux d'amputer sa mémoire", car "l'ignorance de soi conduit rarement à l'estime de soi". Mettant en exergue "l'apport de la chrétienté à notre civilisation", il a conclu son discours sur la thématique du "vivre ensemble". Sans évoquer le sujet brûlant d'un débat sur l'Islam.

Bref, encore une fois notre président prend ses aises avec la laïcité, oser dire que la religion chrétienne nous a laissé un magnifique héritage de civilisation c'est faire peu de cas de tous les dégâts et ravages occasionnés au fil des siècles par une religion dont nous avions réussi à nous défaire dans les affaires publiques qu'en 1905 (et non sans mal !).

C'est oublier les millions de morts des guerres de religions, des croisades, de la colonisation destructrice des peuples et de leurs culture au nom de la foi, c'est oublier le rôle complice et pernicieux de l'église dans la domination du peuple, son abrutissement, sa soumission, son contrôle par tous les pouvoirs étatiques se succédant au fil des siècles jusqu'à la révolution française (avant que celle ci ne se fourvoie dans le culte de l'Etre Suprême). C'est oublier le rôle pour le moins ambiguë de l'église durant la seconde guerre mondiale ou bien peu de membres du clergé entrèrent en résistance et ou leur "saint père" offrait sans état d'âme le soutien de l'église aux nazis.

NON M. Sarkozy, il n'y a pas lieu d'être fier de notre héritage chrétien et surtout en tant que Président de la République Française Laïque, Une et Indivisible, vous n'avez pas à soutenir une telle thèse puisque vous êtes sensé respecter de par votre fonction une stricte neutralité envers le religieux. Mais depuis votre discours de Latran nous connaissons vos positions, nous les déplorons, mais nous continuerons inlassablement à les dénoncer.

Hommage à Gaston Couté



Pour faire suite à notre précédent message, voici un hommage chanté par Gérard Pierron au "gâs qu'a mal tourné" : Gaston Couté.

Conseil DVD : "Bernard, ni dieu, ni chaussettes"


Sur les bords de Loire, Bernard Gainier continue bon gré mal gré à cultiver sa vigne et à partager son vin entre amis au « bureau », sa cave. À 73 ans, il a toujours vécu seul et reste fidèle à un mode de vie rural qu’il a toujours connu. Bernard est un gardien de la mémoire. Celle du poète local Gaston Couté, héritier de François Villon, qui connut son heure de gloire dans le Montmartre de la Belle Époque. Les deux hommes, qu’un siècle sépare, ont en commun des idées libertaires et la volonté de témoigner de la condition paysanne des plus humbles. Depuis 25 ans, Bernard écume les salles des fêtes de la région pour faire entendre les textes du poète écrits dans sa « langue maternelle », le patois beauceron.

En 2011, cela fera un siècle que Gaston Couté a retrouvé sa terre natale des bords de Loire. Emporté par la Fée verte (l’absinthe) et la tuberculose, il n’avait pas 31 ans. Étoile filante dans la nuit Montmartroise, son succès dans les cabarets aura duré quelques années. Son personnage de poète-paysan qui dit des monologues en patois a trouvé un écho favorable auprès du public des cabarets artistiques. Mais à partir de 1905 le vent tourne. La France amorce un net tournant idéologique vers des valeurs conservatrices et militaristes. Les portes des cabarets se ferment. Pas question pour lui de renoncer à afficher ses opinions pacifistes et ses idées révolutionnaires. Comme Villon et plus tard Brassens, il perpétuera la tradition médiévale de la chanson de gueux. Ce gueux mendiant, truand ou artiste, pour qui la pauvreté a les traits de l’injustice mais où le fatalisme fait place à la révolte… ou ce gueux vagabond, cheminant au hasard de la vie, libre et jouisseur des plaisirs simples et naturels.
Gaston a grandi au Moulin de Clan où son père était meunier. Bernard est un voisin. Il a toujours vécu dans la ferme familiale à deux cents mètres du moulin. Couté, il l’a toujours entendu, il l’a toujours dit. Puis un jour on lui a demandé de dire en public « Le Christ en boué », « Le Gâs qu’à pardu l’esprit »... C’était il y a 25 ans.

Bernard est une vedette à sa manière, l’oeuvre et la gloire posthume de Couté lui ont permis d’affirmer sa singularité, de jouer les provocateurs mais toujours avec humour et sans se prendre au sérieux. L’essentiel est de faire entendre cette poésie qui nous parlent d’un temps où la vie était plus rude mais où les lendemains chantaient encore…

"Un poète paysan dont le renom grandira tout d'un coup, un jour quelconque dans l'avenir " (Pierre Mac Orlan)


Communiqué de l'Association des Libres Penseurs de France


Peuples du monde arabe en lutte pour la démocratie.
 
Face aux événements à caractère révolutionnaire qui secouent actuellement plusieurs pays du monde arabe, les Libres Penseurs de l’Association Des Libres Penseurs de France (A.D.L.P.F, membre de l’Union Mondiale des Libres Penseurs) expriment leur entière solidarité avec les peuples luttant pour les libertés, la justice sociale, la fin de la corruption, l’amélioration des conditions de vie et pour la démocratie. Ils fustigent la complicité du pouvoir français avec les despotes de ces régimes policiers, voire dictatoriaux, véritables prédateurs des richesses de ces pays et accapareurs de tous les pouvoirs.

L’A.D.L.P.F rappelle l’origine ouvertement fasciste du mouvement des Frères Musulmans et les menées réactionnaires et sanguinaires des organisations islamistes qui ont prospéré sur la misère sociale causée notamment par la corruption de pouvoirs despotiques aujourd’hui légitimement contestés ou renversés par la mobilisation des jeunes, des démocrates et de toutes les populations laborieuses de ces pays. La prétendue conversion des intégrismes à la démocratie ne doit pas faire illusion. La vigilance s’impose à tous les laïques authentiques, défenseurs des libertés, du pluralisme politique et religieux et des droits de la femme et de l’homme.

Paris, le 12 février 2011
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Il faut désacraliser les jours fériés

Ecoutez la dernière chronique 2010 de Caroline Fourest sur France Culture intitulée :
"Il  faut désacraliser les jours fériés".

Intéressante et riche de propositions !

Podcast téléchargeable sur le site de France Culture.

Le lien vers l'écoute de cette petite chronique est là >>> : http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-3584481#reecoute-3584481

Appel commun Journée de la Laïcité

A l’occasion de la journée de la laïcité du 9 décembre 2010

Nous, Organismes et Associations signataires,

Au nom des principes et des engagements que nous partageons dans le cadre du respect, de la défense et de la promotion de la laïcité en France et dans le monde :

Rappelant,

La Déclaration universelle universelle des droits de l’Homme, et les instruments internationaux et régionaux des droits de l’Homme, en particulier la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union européenne, qui garantissent les libertés d’opinion, d’expression et de conviction

La laïcité qui est un principe intimement liée aux Droits de l’Homme et à la Démocratie

Le principe constitutionnel français qui fixe que la République est démocratique, sociale et laïque, et qui assure la séparation des églises et de l’Etat, particulièrement dans le cadre de la loi de 1905

Qu’au moment où les inégalités économiques, sociales et culturelles sont si criantes et s’accroissent, la laïcité, qui est le contraire de l’exclusion, permet de rassembler et de considérer chaque femme ou homme - d’où qu’il vienne, quelles que soient ses appartenances religieuses, philosophiques, politiques ... - comme un citoyen égal aux autres devant la loi ;

Constatant le retour des revendications religieuses et identitaires dans le débat public, en ce début du XXIe siècle, dont les femmes sont les principales victimes ;

Etant convaincus que le respect de la laïcité contribue à l’égalité, au maintien, si menacé aujourd’hui, de la cohésion sociale, favorise la mixité sociale et peut ainsi redonner confiance à une jeunesse si malmenée par la société.

En ce jour anniversaire de la loi de 1905

Nous nous déclarons, inquiets du recul de la laïcité, en particulier sous les pressions des revendications de tous les extrémismes identitaires et religieux, tendant à l’affaiblir dans les services publics par exemple

Nous exprimons notre préoccupation devant le fait que, pour faire face à ces nouvelles demandes, les services sociaux et sanitaires, l’Education nationale, le service national des armées, les lieux de détention, les communes (etc.), soient contraints, au prétexte de paix sociale, d'improviser des "arrangements" qui écornent sérieusement le principe de laïcité

Nous refusons l’évolution vers la constitution de ghettos culturels et religieux, favorisant le communautarisme contraire aux valeurs égalitaires de notre pays

Nous refusons le foisonnement des qualificatifs que certains voudraient accoler à la laïcité, dont le résultat est de l’affaiblir, sinon de réinterpréter ce qui, hier comme aujourd’hui, garantit la liberté de chacun de croire ou de ne pas croire, la liberté de conscience de chacune et de chacun, l’égalité des droits pour tous ;

Nous dénonçons toute tentative de réduire ou de cantonner le principe de laïcité à la question de l’immigration et de l’intégration ;

Nous refusons que le terme de laïcité soit récupéré par une quelconque idéologie politique, pour en faire l’objet d’un débat partisan qui menacerait la République.

En conséquence nous appelons nos concitoyens, les pouvoirs publics, le gouvernement, les élus d’aujourd’hui et ceux qui aspirent à le devenir demain, à s’impliquer dans la défense de cette laïcité, tant dans la vie politique nationale, que dans les instances internationales, afin de faire rayonner les trois principes fondateurs de Liberté-Egalité-Fraternité, ainsi que la laïcité et la solidarité, alors que des menaces pèsent sur la paix et le progrès social.

Fait à Paris, le 25 novembre 2010

Les signataires :

Arab Women's Solidarity Association France
Association des Libres Penseurs de France
Association EGALE
Association Laïcité-Liberté
Association Le Chevalier de la Barre
Association Libres Mariannes
Association Solidarité Laïque
Centre d'Action Européenne Démocratique et Laïque
Comité Laïcité République
Conseil National des Associations Familiales Laïques
Fédération Française Le Droit Humain
Fédération Nationale des Délégués Départementaux de l'Education Nationale
Grand Orient de France
Grande Loge Féminine de France
Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm
Grande Loge Mixte de France
Grande Loge Mixte Universelle
Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra
Loge Nationale Française
Observatoire International de la Laïcité
Regards de Femmes
SOS Racisme

La Laïcité, des principes à rappeler ...


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Robert Badinter et les raisons de son vote de la Loi contre le port du voile dans l'espace public

M. Robert Badinter
(sénateur des Hauts de Seine)

Intervention de Robert Badinter au Sénat
(séance du 14 septembre 2010)

"Madame la présidente, madame la ministre d’État, mes chers collègues, toutes les convictions qui se sont exprimées au cours de ce débat sont honorables, et je conçois parfaitement qu’une diversité d’approches se manifeste, notamment sur le plan juridique, dès l’instant où, unanimement, nous condamnons le port de la burqa ou du niqab.

Je commencerai par deux observations d’ordre juridique. Je souhaite d’abord adresser une recommandation à Mme la présidente, en ce qu’elle représente le président du Sénat. Quel que soit le texte voté, il faut que le président du Sénat, comme celui de l'Assemblée nationale, le défère au Conseil constitutionnel. Je rappelle que le Premier ministre a demandé l’avis du Conseil d’État, mais qu’il ne l’a pas suivi, en tout cas pas complètement, et que, sur cette question, l'Assemblée nationale a adopté une position différente. Par conséquent, le risque existe. Je n’aurai garde de prendre part à la discussion sur l’étendue de ce risque. Il revient maintenant au Conseil constitutionnel de se prononcer pour savoir si ce texte est constitutionnel ou non. Il doit être saisi immédiatement pour éviter que ne perdure une sorte d’indécision juridique, toujours préjudiciable quand il s’agit d’une question de cette importance, et que l’on soit contraint d’attendre l’inévitable question prioritaire de constitutionnalité. Je souhaite que cela soit fait. Je ne suis pas absolument convaincu que ce ne soit pas déjà l’opinion du président du Sénat et de celui de l'Assemblée nationale.

Sur la conventionnalité, ensuite, je formulerai deux remarques. Dans un arrêt du 13 février 2003, la Cour européenne des droits de l’homme a adopté une position très claire sur les mesures d’interdiction de tous ordres prises par le gouvernement turc, soulignant qu’elles étaient parfaitement compatibles avec la Convention européenne des droits de l’homme. En 2010, une nouvelle décision est intervenue, dont il a été fait état au cours de ce débat : il s’agissait d’hommes portant des tenues montrant leur adhésion à une fraction religieuse extrême. Je le précise pour une raison simple : la Cour européenne des droits de l’homme a souligné que le problème était d’ordre religieux. Or la question dont nous débattons aujourd'hui n’est pas celle de l’atteinte à la laïcité. C’est celle de l’égalité des femmes et des hommes, de l’égalité de droits, de condition, de la dignité et de la liberté des femmes, toutes choses qui n’étaient pas soumises à la Cour européenne des droits de l’homme dans son arrêt du 23 février 2010. Il n’est pas indifférent de le rappeler.

J’en viens à mon propos essentiel : pourquoi vais-je voter ce projet de loi ?

N’étant pas naïf, je sais très bien quelles étaient les motivations politiciennes à l’origine de ce besoin soudain de légiférer dans ce domaine. Je laisse toutefois cela de côté… Certains se rendent dans les pays du Golfe et y constatent les progrès accomplis en matière de condition des femmes. D’autres, comme moi, s’intéressent à la vie des instances des Nations unies, en particulier du Conseil des droits de l’homme à Genève.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi bien à la commission des affaires européennes qu’à la commission des affaires étrangères, nous ne devons pas nous aveugler : nous sommes en présence de deux visions des droits de l’homme et nous vivons l’un des affrontements idéologiques les plus durs que nous ayons connus depuis les années de la guerre froide. Ce conflit n’est pas, en effet, sans rappeler le temps où les communistes considéraient que s’opposaient deux visions des droits de l’homme, l’une bourgeoise, l’autre socialiste. Aujourd'hui, toutefois, il s’agit d’autre chose.

Au sein de ces instances, nous avons constamment face à face, d’un côté, tous les États démocratiques, qui soutiennent le principe de l’universalité des droits de l’homme, et, de l’autre, les États qui répondent que les droits de l’homme sont un cadeau fait par Dieu à l’homme pour le rendre plus heureux sur cette terre, mais qu’ils doivent être interprétés à la lumière de la charia.

Je pourrais citer un nombre important de textes qui reprennent cette position. Il n’est qu’à lire la dernière résolution proposée et votée sur l’initiative de la République islamique d’Iran lors de la 35e session du conseil des ministres des affaires étrangères de l’Organisation de la conférence islamique, qui réaffirme cette doctrine. Nous sommes bien là en présence d’un conflit majeur, en particulier pour les laïcs que nous sommes.

Lorsque interviennent des questions essentielles, telles que la peine de mort ou la résolution adoptée par le même conseil des ministres des affaires étrangères de l’Organisation de la conférence islamique en 2004, à la suite d’une protestation de l’Union européenne, sur la lapidation des femmes, cela prend tout son sens. La réponse fut : cela ne vous regarde pas, l’Union européenne n’a pas, au nom de sa conception des droits de l’homme, à nous donner de leçons sur ce que doit être la loi islamique.

Or, il est des principes avec lesquels nous ne pouvons transiger, notamment celui qui nous occupe aujourd'hui, à savoir le principe fondamental, presque primordial, de l’égalité entre hommes et femmes. Nous ne cessons d’œuvrer pour le faire entrer plus avant dans nos sociétés.

Or, ce principe est défié. Et ceux qui le défient le font, croyez-moi, en connaissance de cause, pour tester nos facultés de résistance.

On ne peut pas transiger avec ce principe, s’accommoder d’un signe, d’un signal, d’une tenue. Car le voile est porté où, et par qui ? Ce sont les talibans qui contraignent les femmes à porter la burqa. Dès que les talibans prennent ou reprennent le pouvoir, la burqa devient obligatoire et, parallèlement, les filles sont retirées des écoles. C’est à ce moment-là que le port de la burqa prend toute sa signification. Au-delà même du port du voile intégral dans la rue, il faut voir le symbole qui est transmis, exprimé, inscrit dans cette tenue. Nous devons donc réagir. Il s’agit, je le répète, d’un principe avec lequel nous ne pouvons pas transiger, que nous ne pouvons pas abandonner.

Je rappelle simplement, mais c’est essentiel, que le droit à la liberté d’opinion figure dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. À l’époque, on avait précisé, ce qui était singulier, « même religieuse » ! Alors, la liberté d’opinion religieuse ? Oui ! La liberté de pratiquer sa religion ? Oui ! La laïcité les garantit à chacun.

Mes chers collègues, en interdisant le port du voile intégral dans l’espace public, vous n’empêchez personne de pratiquer sa religion. Ce n’est pas une dragonnade ou une inquisition ! Nous favorisons au contraire, comme je le souhaite, par la construction de mosquées et par l’expression constante de notre sympathie, de notre amitié, la garantie à tous ceux qui le veulent d’exercer leur croyance et leur foi.

En interdisant le port du voile dans l’espace public, vous n’empêchez pas celles qui le veulent de pratiquer leur religion, mais vous ne tolérez pas que les éléments les plus intégristes et les plus fanatiques affichent et proclament leur vision, que nous ne pouvons pas accepter, d’une société où les femmes disparaissent de l’espace public et ne sont plus que des fantômes.

Cela, non ! Et c’est la raison pour laquelle je voterai ce projet de Loi". (Applaudissements sur l’ensemble des travées)...

Jacques Bouveresse refuse la Légion d'Honneur : BRAVO !

Jacques Bouveresse - Professeur au Collège de France

Même s’ils ne sont pas légion, il y a encore des types bien qui refusent l’argent et les honneurs pour mettre leurs actes en conformité avec leurs convictions, des hommes d’exception.

Il y a eu d’abord le physicien Didier Chatenay et le généticien moléculaire François Bonhomme, deux têtes du troupeau des chercheurs qui n’ont pas accepté la prime - renouvelable- de 15 000 Euros pour «excellence scientifique» de leur bergère, parce qu’ils n’avaient pas envie que le métier d’enseignant chercheur se transforme en course à l’échalote comme le voudrait le gouvernement Sarkozy.

Dans leur sillage, une quarantaine de salariés du CNRS avaient renoncé à des gratifications sonnantes et trébuchantes pour bien faire comprendre que la science est avant tout un travail d’équipe…

Il y a maintenant Jacques Bouveresse, un professeur du Collège de France qui appartient à une espèce en voie d’extinction de philosophes méprisant les distinctions en tous genres : pour cet ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, premier à l’agrég de philo en 1965, elles n’ont pas plus de prix que des médailles en chocolat si ceux qui les décernent piétinent les vraies valeurs, l’Education nationale en particulier, les services publics en général et tout le reste. Bouveresse a donc envoyé promener la ministre qui n’a toujours rien compris et voulait le décorer de la légion d’honneur.


Le titulaire de la chaire de « philosophie du langage et de la connaissance » n’a pas mâché ses mots en donnant les raisons pour lesquelles il ne peut être question en aucun cas pour lui « d’accepter l’honneur supposé» qui lui est fait. Du positivisme logique dans le texte. Où l’apprend que la dichotomie entre les faits et ses valeurs, heurte son empirisme.

Ci-dessous le courrier de M. Bouveresse à Me Pecresse, (ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche)

Madame la ministre,

Je viens d’apprendre avec étonnement par la rumeur publique et par la presse une nouvelle que m’a confirmée la lecture du Journal officiel du 14 juillet, à savoir que je figurais dans la liste des promus de la Légion d’honneur, sous la rubrique de votre ministère, avec le grade de chevalier.
Or non seulement je n’ai jamais sollicité de quelque façon que ce soit une distinction de cette sorte, mais j’ai au contraire fait savoir clairement, la première fois que la question s’est posée, il y a bien des années, et à nouveau peu de temps après avoir été élu au Collège de France, en 1995, que je ne souhaitais en aucun cas recevoir de distinctions de ce genre. Si j’avais été informé de vos intentions, j’aurais pu aisément vous préciser que je n’ai pas changé d’attitude sur ce point et que je souhaite plus que jamais que ma volonté soit respectée.
Il ne peut, dans ces conditions, être question en aucun cas pour moi d’accepter la distinction qui m’est proposée et – vous me pardonnerez, je l’espère, de vous le dire avec franchise – certainement encore moins d’un gouvernement comme celui auquel vous appartenez, dont tout me sépare radicalement et dont la politique adoptée à l’égard de l’Éducation nationale et de la question des services publics en général me semble particulièrement inacceptable.
J’ose espérer, par conséquent, que vous voudrez bien considérer cette lettre comme l’expression de mon refus ferme et définitif d’accepter l’honneur supposé qui m’est fait en l’occurrence et prendre les mesures nécessaires pour qu’il en soit tenu compte.

Jacques Bouveresse

(Source : Marianne 2)

Divers aspects de la pensée contemporaine


Nous ne pouvons que vous conseiller d'écouter régulièrement l'émission sur France Culture : Divers aspects de la pensée contemporaine (podcastable) : http://www.franceculture.com/emission-divers-aspects-de-la-pensee-contemporaine.html La libre pensée a abordé lors de l'émission du 11 juillet dernier la question de la privatisation du militaire (et autres services publics de sécurité et de défense) confié à des sociétés privées.

Pour illustrer le propos, lire aussi le livre de John Scahill : Blackwater - L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde.

Présentation de l'éditeur :

Comment une société privée américaine a-t-elle pu décrocher des marchés publics dans le secteur de la défense et de la sécurité intérieure pour se rendre, peu à peu, indispensable? Où la firme a-t-elle recruté ses centaines de milliers de "réservistes" ? Quel est son rôle en Irak et dans les transferts "spéciaux" de prisonniers? Comment a-t-elle réussi à s'enrichir lors de l'ouragan Katrina? Pourquoi a-t-elle bénéficié de la menace iranienne? Quels sont ses projets pour l'ère post-Bush? A travers une enquête passionnante, Jeremy Scahill révèle la privatisation partielle d'un service public. Un peu partout dans le monde sont engagés des mercenaires d'un type nouveau, agissant parfois hors la loi. Les pires crimes de guerre commis par des hommes de Blackwater en Irak n'ont, à ce jour, pas été jugés. Les enjeux internationaux du nouveau business de la guerre et de la sécurité deviennent ainsi tangibles. Désormais, chaque conflit armé ou chaque catastrophe naturelle dans le monde sont source de profit pour des sociétés privées.

Biographie de l'auteur :

Journaliste d'investigation, Jeremy Scahill s'intéresse particulièrement aux dérives de la politique américaine. Correspondant pour des radios américaines et pour l'émission Democracy Now!, il écrit également pour le magazineThe Nation. En 1998, son reportage sur l'implication de la compagnie pétrolière Chevron dans l'assassinat de deux activistes écologistes nigérians a remporté le prix George Polk, prix qu'il a reçu de nouveau pour Blackwater en 2007. Bestseller aux USA et traduit dans une dizaine de langues, Blackwater fait l'objet d'un projet d'adaptation cinématographique. La version française se réfère à l'édition actualisée de l'enquête, parue aux Etats-Unis en juin 2008.
Références de l'ouvrage :
  • Broché: 392 pages
  • Editeur : Actes Sud (1 octobre 2008)
  • Collection : Questions de Société
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2742778578
  • ISBN-13: 978-2742778577