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Communiqué de l'Association des Libres Penseurs de France

Cela fait quelques mois que la France connait une montée de l’intolérance religieuse qui veut interdire ou faire interdire tout ce qui ne lui plaît pas au nom de Dieu ou d’Allah. Ces pressions remettent en cause le droit fondamental de liberté de conscience et de la presse… qui sont essentielles en système démocratique. Le délit de blasphème n’existe plus mais certains aimeraient bien le remettre au goût du jour. Ainsi, à Avignon, un commando catholique a détruit l’œuvre d’art Piss Christ, le Directeur du musée a aussi reçu des menaces de mort.

Peu après, des catholiques ont voulu faire interdire le festival hard rock Hellfest. Enfin, ce sont maintenant des pièces de théâtre telles que "Sur le visage du fils de Dieu" de Roméo Castellucci, jouée actuellement à Paris, qui est fortement perturbée par des catholiques (220 arrestations en une semaine).

Une autre pièce est déjà dans le collimateur des fous de Jésus Golgota Picnic. Ainsi, chaque soir, des dizaines de catholiques prient devant le théâtre, exerçant ainsi une pression quotidienne sur le Directeur du théâtre, les acteurs et les spectateurs devant braver les fidèles pour rentrer. Qui osera rejouer cette pièce plus tard ?

Et les messages envoyés par mails : il s’agit de menaces et d’insultes parfois à caractère antisémite et raciste. Rappelons la sortie du film la dernière tentation du Christ : au début, les catholiques priaient soit-disant pacifiquement devant les cinémas. En fait, ils obstruaient l’entrée des salles de cinémas, invectivaient ceux qui osaient entrer puis après ils avaient été plus loin en brûlant une salle à Paris (plusieurs blessés et un mort).

A Lyon, un groupe anarchiste était en face des prieurs jusqu’au jour où le service d’ordre du FN et autres fascistes sont venus en force pour soutenir les fidèles à coups de lacrymogène et barre de fer… Tout cela pour dire que si les fortes pressions ne suffisent pas, les fous de Dieu passent à l’acte…

Enfin, Charlie Hebdo a été la cible d’un attentat ignoble qui a détruit son siège, dans le même moment son site internet était piraté par des islamistes et depuis quelques jours des menaces de mort sont proférés contre l’hébergeur du site internet. Le journal ayant osé parler de l’islamisme suite aux élections en Tunisie, ce qui n’a pas plus aux fondamentalistes qui ont piraté le site internet.

Ceux-ci ont revendiqué l’action par « une lutte contre une publication qui attaque nos croyances et nos valeurs ». Depuis, certains journalistes de Charlie Hebdo sont sous protection de la Police… Rappelons, pour exemple, qu’en Suisse (en 2005), une autre pièce de théâtre le fanatisme ou Mahomet le prophète de Voltaire a été annulée suite aux pressions exercées par les islamistes, Tariq Ramadan en tête.

Autre élément significatif, une manifestation organisée par les catholiques intégristes ayant rassemblé 1500 participants a vu défiler main dans la main des militants des plus fascistes avec les catholiques et les islamistes. Les extrémistes se rejoignent dans la haine de la démocratie, de la République, de la laïcité.

L’ADLPF, quant à elle rappelle avec force que la liberté de conscience, d’expression et de la presse sont des acquis indissociables de la démocratie.

L’ADLPF condamne avec la plus grande énergie tout acte de violence et de menace qui sont contraires à l’idée même de débat et de respect.

Nous appelons tous les laïques mais aussi plus largement tous les citoyens attachés à la démocratie à se mobiliser pour défendre la liberté de conscience.

Le Conseil d’État bafoue la séparation des Églises et de l’État

Communiqué : 
Les décisions rendues le 19 juillet 2011 par le Conseil d’État ne peuvent que révolter les Libres Penseurs et tous les véritables défenseurs de la laïcité. Elles vident de sa substance la Loi de Séparation des églises et de l’État. Contrairement à ce qui a été exprimé en présentation de ces décisions, la loi de 1905 qui fonde la laïcité institutionnelle est bel et bien « enrayée ».

Pour les cinq affaires, présentées ensemble, où le Conseil d’État s’est prononcé, les jugements des deux premières instances administratives (Tribunal Administratif et Tribunal Administratif d’Appel) ont été infirmés et on donne donc raison aux collectivités locales qui bafouent la loi de séparation des Églises et de l’État en utilisant des fonds publics pour des réalisations bénéficiant soit à l’Église catholique à Lyon (ascenseur de la basilique de Fourvière) et à Trélazé (orgue de l’église), soit au culte musulman à Montpellier (salle polyvalente à usage cultuel), au Mans (abattoir rituel) et à Montreuil-sous-Bois (bail emphytéotique pour la mosquée à un euro par an).

Pour justifier ces décisions iniques qui ouvrent des brèches où s’engouffreront tous les arrangements clientélistes, est invoqué soit un « intérêt public local », soit un aspect culturel, soit un équilibre à rétablir en faveur d’une religion, soit encore une nécessité hygiénique. Autrement dit, tous les motifs sont recevables pour ne pas respecter la loi de 1905. Celle-ci dispose que « l’Etat ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». C’est donc la neutralité qui devrait s’imposer et non la reconnaissance officielle des diverses religions. Or, dans ces décisions, le seul argument que l’on ne retient pas, le seul principe que l’on méconnaît est précisément celui qui fonde la laïcité de nos institutions. Il n’a pesé d’aucun poids face à tous les arguments d’opportunité. Tout cela évoque les « accommodements raisonnables » auxquels le Québec a cru devoir recourir et qui s’avèrent ingérables en raison des dérives et replis communautaristes ainsi suscités.

L’Association Des Libres Penseurs de France (A.D.L.P.F., section de l’Union Mondiale des Libres Penseurs) fustige tous les tenants d’une « laïcité ouverte » - négation de la laïcité tout court – qui ne voient dans ces décisions qu’un « assouplissement », un « adoucissement », une « modernisation » ou encore un « dépoussiérage » de la loi de Séparation des Églises et de l’État. Elle joint sa protestation à celles déjà élevées, notamment par le Parti Radical de Gauche et par l’Observatoire International de la Laïcité Contre les Dérives Communautaires. Elle appelle les laïques à se mobiliser et à tout mettre en œuvre pour que ces décisions ne puissent pas faire jurisprudence.

Suites du Congrès de l'ADLPF des 2 & 3 juin 2011

Réunis en congrès à Piriac les 2 et 3 juin 2011, les Libres Penseurs de l’ADLPF expriment leur satisfaction que le Sénat se soit prononcé pour l’instauration d’une journée officielle de la laïcité le 9 décembre, date anniversaire de la promulgation de la loi de séparation des églises et de l’Etat, et qu’il réponde ainsi favorablement à cette demande formulée par notre association depuis 2005.

Ils rappellent que la laïcité est un principe qui transcende toutes les idéologies et se situe à l’exact opposé de toute forme de discrimination et de violence. Elle constitue donc un gage de paix et de liberté pour tous.

L’ADLPF revendique :
  • l’application intégrale de la loi de séparation des églises et de l’Etat sur tout le territoire national ;
  • la non reconnaissance du pseudo Etat du Vatican, créé par Mussolini (accords du Latran) ;
  • l’exigence que les représentants de la Nation et les fonctionnaires s’abstiennent de participer, es qualités, à toute manifestation religieuse et, a fortiori, aux pitreries telles que la reconnaissance de miracles et la béatification de leurs prétendus auteurs ;
  • l’abrogation de la loi Debré de 1959 d’aide à l’enseignement privé et de toutes les lois scolaires anti-laïques qui contreviennent au principe républicain d’attribution des fonds publics à la seule école publique ; la fin du dualisme scolaire et la nationalisation laïque de l’enseignement ;
  • la reconnaissance de l’espéranto comme langue internationale et la création d’une option espéranto au baccalauréat ;
  • le désarmement universel ;
  • la laïcisation des noms de toutes les fêtes légales, à l’instar de ce qui a déjà été effectué en Uruguay où, par exemple, le 25 décembre est devenu la « fête de la famille », et même en France avec la transformation des « vacances de Pâques » en « vacances de printemps » ;
  • l’utilisation partagée, entre les différents cultes, des édifices religieux entretenus par le contribuable ;
  • l’accès des représentants des libres penseurs aux émissions de télévision du service public.
Motion Sociale :

Les Libres Penseurs de l’A.D.L.P.F rappellent leur opposition fondamentale à l’exploitation humaine sous toutes ses formes. De tout temps, les pouvoirs religieux ont prêté la main au pouvoir politique pour imposer et justifier l’exploitation, tout en l’exerçant eux-mêmes pour leur propre compte.


De nos jours, la forme d’exploitation en vigueur est le système néolibéral qui, en se mondialisant, exerce une domination de plus en plus brutale sur les peuples : durcissement des conditions générales de travail, chômage de masse, expropriations massives des paysans partout dans le monde. Le cynisme des actionnaires et dirigeants des grandes firmes industrielles, notamment chimiques, pharmaceutiques et nucléaires, provoque des désastres écologiques.

Parallèlement, on assiste à un retour en force de la pensée magique, de la religiosité et surtout des intégrismes, ce qui peut s’interpréter comme le besoin de trouver une réponse et une issue au désespoir.

Les Libres Penseurs de l’A.D.L.P.F. dénoncent cet état de fait : ils condamnent avec la même vigueur l’exploitation capitaliste qui, après avoir vidé l’être humain de sa substance et de son énergie pour en tirer profit, ne lui laisse que l’irrationnel et le religieux pour se consoler et apprendre à se résigner.

Bioéthique :

L’ADLPF dénonce l’attitude obscurantiste et rétrograde de l’église catholique qui persiste à vouloir imposer ses dogmes concernant la bioéthique. L’archevêque de Paris va même jusqu’à considérer comme un « recul de civilisation » le simple fait que les parlementaires débattent de cette question.
Ce serait un comble, dans une démocratie laïque, que le Vatican impose ses diktats aux élus du peuple !

Commission des rituels :

L’ADLPF encourage le parrainage civil et le mariage civil citoyen et souhaite la mise à disposition d’une salle dédiée aux obsèques civiles dans toute commune, communauté ou agglomération de communes.

L’ADLPF condamne tout type de mutilation et invite chaque citoyen témoin de tels faits à déposer une main-courante au commissariat de police ou à la gendarmerie, dans la mesure où cet acte, en droit français, est considéré comme un crime et qu’il est donc passible d’un procès en Cour d’Assises.

Attachée aux valeurs d’égalité et de fraternité, l’ADLPF condamne l’existence, dans les cimetières, de carrés confessionnels ségrégationnistes qui n’existent, là où ils sont implantés, que par le laisser-faire ou la complicité des municipalités.

Elle regrette que les services de l’État civil de certaines municipalités délèguent à des associations, cléricales ou non, la gestion de l’inhumation des indigents.

L’ADLPF partage les valeurs et actions défendues par l’ADMD et la Fédération des Crématistes, dans le cadre du respect de la laïcité.


Congrès de Piriac les 2 et 3 juin 2011