Conseil DVD : "L'Oulipo mode d'emploi"



Pour cette rentrée (à la Réunion c'est la rentrée post estivale) un peu de culture ne devrait pas vous faire de mal. Allez donc jeter un coup d'oeil sur ce documentaire réalisé par Jean-Claude Guidicelli : "L'Oulipo Mode d'emploi", quelques extraits disponibles sur le site d'Arte Tv s(voir ci dessus) sinon commandez le DVD !


  • Réalisateurs : Jean-Claude GUIDICELLI
  • Format : PAL
  • Langue : Français
  • Région : Toutes les régions
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Doriane Films
  • Date de sortie du DVD : 29 novembre 2010
  • Durée : 69 minutes
  • ASIN: B004DW5V28

Il faut désacraliser les jours fériés

Ecoutez la dernière chronique 2010 de Caroline Fourest sur France Culture intitulée :
"Il  faut désacraliser les jours fériés".

Intéressante et riche de propositions !

Podcast téléchargeable sur le site de France Culture.

Le lien vers l'écoute de cette petite chronique est là >>> : http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-3584481#reecoute-3584481

Cadeau de Noël : Une rétrospective expresse cinéma 2010



Cadeau pour nos fidèles lecteurs ...

Bonnes fêtes de fin d'année à tous !

Les films par ordre d’apparition sont répertoriés ici.

La femme grillagée de Pierre Perret



La femme grillagée
(paroles et musique Pierre Perret – © 2010 Editions Adèle)

Ecoutez ma chanson bien douce
Que Verlaine aurait su mieux faire
Elle se veut discrète et légère
un frisson d’eau sur de la mousse
C’est la complainte de l’épouse,
de la femme derrière son grillage
Ils la font vivre au Moyen-âge
Que la honte les éclabousse.

Refrain

Quand la femme est grillagée
toutes les femmes sont outragées
les hommes les ont rejetées
Dans l’obscurité
Elle ne prend jamais la parole
En public ce n’est pas son rôle
Elle est craintive elle est soumise
Pas question de lui faire la bise
On lui a appris à se soumettre
A ne pas contrarier son maître
Elle n’a droit qu’à quelques murmures
Les yeux baissés sur sa couture

Refrain
Elle respecte la loi divine
Qui dit par la bouche de l’homme
Que sa place est à la cuisine
Et qu’elle est sa bête de somme
Pas question de faire la savante
Il vaut mieux qu’elle soit ignorante
Son époux dit que les études
Sont contraires à ses servitudes

Refrain

Jusqu’aux pieds sa burka austère
Est garante de sa décence
Elle prévient la concupiscence
Des hommes auxquels elle pourrait plaire
Un regard jugé impudique
Serait mortel pour la captive
Elle pourrait finir brûlée vive
Lapidée en place publique

Refrain

Jeunes femmes larguez les amarres
Refusez ces coutumes barbares
Dites non au manichéisme
Au retour à l’obscurantisme
Jetez ce moucharabieh triste
Né de coutumes esclavagistes
Et au lieu de porter ce voile
Allez vous-en mettez les voiles

L'enseignement privé arrosé par des financements publics

Décomplexée par les discours du Latran et de Riyad du Président Sarkozy qui vantaient notamment la prétendue supériorité du curé ou du pasteur sur l’instituteur dans la transmission des valeurs, la droite n’est depuis pas en manque d’imagination pour favoriser l’enseignement privé et lui consentir des avantages sonnants et trébuchants.

Dernier exemple en date, dans la nuit de mardi à mercredi, la majorité UMP du Sénat a ainsi adopté un amendement au projet de budget 2011. Celui-ci était proposé par le désormais célèbre sénateur Carle qui en 2009 avait déjà fait assouplir le financement des écoles primaires privées par les collectivités locales. Cette fois, il s’agit de soustraire à l’enseignement public l’équivalent de 250 postes supplémentaires (soit 4 millions d’euros) pour les reverser à l’enseignement privé. Même devant la saignée des 16 000 suppressions de postes déjà prévues pour la rentrée 2011, public et privé ne sont pas mis sur un plan d’égalité, la contribution des établissements privés aux suppressions de postes étant proportionnellement deux fois moindre que pour ceux du public !

Quelques jours auparavant, le 19 octobre, la Présidence de l’Assemblée nationale a enregistré une proposition de loi présentée par 81 députés UMP allant dans le même sens. Elle vise à exonérer les écoles privées sous contrat d’association de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Les collectivités territoriales et les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre peuvent en décider ainsi pour peu que le propriétaire des bâtiments concernés en fasse la demande avant le 1er janvier. Cet avantage est consenti au motif spécieux que « les écoles privées sous contrat d’association rendent des services extrêmement appréciables aux communes », car « elles permettent aux collectivités territoriales d’être dispensées de lourdes charges », notamment « dans un certain nombre de communes dépourvues d’établissements publics ». Outre la part de tartuferie induite par un tel raisonnement, cette loi entérine un renoncement à rendre effective la loi républicaine indiquant que « toute commune doit être pourvue d’au moins une école élémentaire publique ». Pire, ces dispositions favoriseront puissamment la transgression de la loi en contribuant à réduire à peau de chagrin le service public d’éducation.

Il s’agit là d’un nouveau financement déguisé de l’enseignement privé dont la charge reposera au final sur les contribuables. En effet, il est prévu que les éventuelles pertes de recettes pour les collectivités territoriales qui feraient le choix de telles exonérations soient compensées par l’État via la création d’une taxe additionnelle aux droits sur les tabacs. Autrement dit, ceux qui décideront ne supporteront pas le coût effectif d’une telle mesure. Cette proposition de loi tendrait à créer une nouvelle niche fiscale, en contradiction flagrante avec le discours gouvernemental visant à les raboter dans le sens d’un nécessaire effort partagé. Il est vrai que les déclarations d’intention n’engagent que ceux qui veulent bien y croire.

Il convient de dénoncer cette nouvelle attaque contre le principe intangible de laïcité. Par ce biais et par la suppression de la carte scolaire qui l’accompagne, les libéraux souhaitent instituer un vaste marché des établissements publics et privés au nom de la sempiternelle concurrence libre et non faussée. De l’École de la République, nous glisserions vers une école à la carte débarrassée de l’exigence de l’intérêt général et de la nécessité de mixité sociale. Plus que jamais, au nom de l’égalité devant l’éducation que sont en droit d’attendre tous les élèves, l’urgence est de réaffirmer l’impératif que les fonds publics aillent exclusivement à l’école publique.

Nous appelons en outre, conformément au serment de Vincennes prononcé par le camp laïque le 19 juin 1960, à l’abrogation de la Debré de 1959 qui fait office de véritable concordat sans en porter le nom en assurant le financement public des écoles privées. 

Le texte de proposition de Loi est accessible là >>> : http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion2875.asp

Source : Marianne 2

Appel commun Journée de la Laïcité

A l’occasion de la journée de la laïcité du 9 décembre 2010

Nous, Organismes et Associations signataires,

Au nom des principes et des engagements que nous partageons dans le cadre du respect, de la défense et de la promotion de la laïcité en France et dans le monde :

Rappelant,

La Déclaration universelle universelle des droits de l’Homme, et les instruments internationaux et régionaux des droits de l’Homme, en particulier la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union européenne, qui garantissent les libertés d’opinion, d’expression et de conviction

La laïcité qui est un principe intimement liée aux Droits de l’Homme et à la Démocratie

Le principe constitutionnel français qui fixe que la République est démocratique, sociale et laïque, et qui assure la séparation des églises et de l’Etat, particulièrement dans le cadre de la loi de 1905

Qu’au moment où les inégalités économiques, sociales et culturelles sont si criantes et s’accroissent, la laïcité, qui est le contraire de l’exclusion, permet de rassembler et de considérer chaque femme ou homme - d’où qu’il vienne, quelles que soient ses appartenances religieuses, philosophiques, politiques ... - comme un citoyen égal aux autres devant la loi ;

Constatant le retour des revendications religieuses et identitaires dans le débat public, en ce début du XXIe siècle, dont les femmes sont les principales victimes ;

Etant convaincus que le respect de la laïcité contribue à l’égalité, au maintien, si menacé aujourd’hui, de la cohésion sociale, favorise la mixité sociale et peut ainsi redonner confiance à une jeunesse si malmenée par la société.

En ce jour anniversaire de la loi de 1905

Nous nous déclarons, inquiets du recul de la laïcité, en particulier sous les pressions des revendications de tous les extrémismes identitaires et religieux, tendant à l’affaiblir dans les services publics par exemple

Nous exprimons notre préoccupation devant le fait que, pour faire face à ces nouvelles demandes, les services sociaux et sanitaires, l’Education nationale, le service national des armées, les lieux de détention, les communes (etc.), soient contraints, au prétexte de paix sociale, d'improviser des "arrangements" qui écornent sérieusement le principe de laïcité

Nous refusons l’évolution vers la constitution de ghettos culturels et religieux, favorisant le communautarisme contraire aux valeurs égalitaires de notre pays

Nous refusons le foisonnement des qualificatifs que certains voudraient accoler à la laïcité, dont le résultat est de l’affaiblir, sinon de réinterpréter ce qui, hier comme aujourd’hui, garantit la liberté de chacun de croire ou de ne pas croire, la liberté de conscience de chacune et de chacun, l’égalité des droits pour tous ;

Nous dénonçons toute tentative de réduire ou de cantonner le principe de laïcité à la question de l’immigration et de l’intégration ;

Nous refusons que le terme de laïcité soit récupéré par une quelconque idéologie politique, pour en faire l’objet d’un débat partisan qui menacerait la République.

En conséquence nous appelons nos concitoyens, les pouvoirs publics, le gouvernement, les élus d’aujourd’hui et ceux qui aspirent à le devenir demain, à s’impliquer dans la défense de cette laïcité, tant dans la vie politique nationale, que dans les instances internationales, afin de faire rayonner les trois principes fondateurs de Liberté-Egalité-Fraternité, ainsi que la laïcité et la solidarité, alors que des menaces pèsent sur la paix et le progrès social.

Fait à Paris, le 25 novembre 2010

Les signataires :

Arab Women's Solidarity Association France
Association des Libres Penseurs de France
Association EGALE
Association Laïcité-Liberté
Association Le Chevalier de la Barre
Association Libres Mariannes
Association Solidarité Laïque
Centre d'Action Européenne Démocratique et Laïque
Comité Laïcité République
Conseil National des Associations Familiales Laïques
Fédération Française Le Droit Humain
Fédération Nationale des Délégués Départementaux de l'Education Nationale
Grand Orient de France
Grande Loge Féminine de France
Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm
Grande Loge Mixte de France
Grande Loge Mixte Universelle
Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra
Loge Nationale Française
Observatoire International de la Laïcité
Regards de Femmes
SOS Racisme

La Laïcité, des principes à rappeler ...


La Laïcité, deux modules de formation sur le site du discriminologue : http://www.lediscriminologue.org/
 ... Formez-vous sans modération !

Irak, la sale guerre : Wikileaks, vidéo de "dégats collatéraux en Irak"



Le désormais célèbre site Wikileaks diffusait il y peu cette vidéo piratée aux autorités militaires américaines (raid sur Bagdad du 12 juillet 2007). On y voit le meurtre de journalistes de Reuters et de leurs accompagnateurs armés seulement de leurs caméras et appareils photos. Un hélicoptère Apache tire sans sommation et décime des civils à l'arme lourde ! Même d'autres civils venant porter secours aux blessés seront abattus sans états d'âme, deux enfants seront grièvement blessés sous les tirs nourris de l'hélicoptère. 

La guerre stupide et meurtrière dans toute son horreur. 

P.S : Nous relayons un peu tardivement cette vidéo pour soutenir Wikileaks qui traverse aujourd'hui une passe difficile et fait l'objet de nombreuses attaques politiques et judiciaires. Quant à nous, nous estimons que la liberté d'information doit être préservée à tout prix !

Cantona donne un Carton Rouge aux marchands de sommeil



Face à une situation sociale qu'elle juge d'une rare gravité, la Fondation Abbé Pierre brandit un carton rouge contre le mal-logement. L'ancien footballeur Eric Cantona a choisi de parrainer cette campagne en participant à un clip particulièrement percutant.

Là ou l'Etat fait défaut les ONG prennent position. Dommage que ce soit une organisation fondée par un cureton qui dénonce cette situation, mais bon ne soyons pas sectaires !

Bientôt l'hiver en métropole, le pape met enfin une capote !

Voulant faire croire à ses ouailles qu'il est un pape "moderne", Benoit XVI, dans un livre d'entretiens à paraître mardi, estime pour la première fois que l'usage du préservatif peut dans certains cas se justifier pour empêcher la transmission du sida, ce qui assouplit l'une des positions les plus controversées du Vatican. 

La plupart des dirigeants de l'Église déclarent depuis des décennies que les préservatifs ne font pas partie de la solution dans la lutte contre le sida, bien qu'aucune position officielle sur ce point n'ait été inscrite dans un document du Vatican. L'an dernier, le souverain pontife avait suscité un tollé en déclarant aux journalistes qui l'accompagnaient en Afrique que les préservatifs ne devaient pas être utilisés parce qu'ils risquaient d'aggraver la propagation du sida. L'opposition du Vatican à la régulation artificielle des naissances est fortement contestée, même en milieu catholique, depuis son entérinement dans l'encyclique Humanae Vitae ("De la vie humaine") promulguée par Paul VI en 1968.

Benoît XVI souligne que "les grandes lignes d'Humanae Vitae demeurent justes", faisant ainsi comprendre que ses propos sur les préservatifs ne doivent pas s'appliquer à la régulation des naissances mais seulement à la prévention du sida. À ses yeux, le fait de concentrer l'attention générale sur le préservatif "implique une banalisation de la sexualité" où celle-ci n'est plus une expression d'amour "mais seulement une sorte de drogue que les personnes s'administrent" (!!!).

Cerise sur le gâteau, dans d'autres parties du livre, Benoît XVI présente Pie XII, qui fut pape durant la Seconde Guerre mondiale et que certains accusent d'avoir fermé les yeux sur l'Holocauste, comme "l'un des grands justes, (qui) a sauvé plus de Juifs que toute autre personne". Décidément, Benoît est prêt à tout pour restaurer l'image de son église !

Le souverain pontife confie également que les scandales de prêtres pédophiles qui ont secoué l'Église ont constitué "un choc sans précédent", bien qu'il ait suivi ce dossier pendant des années. Il dit comprendre que des personnes puissent quitter l'Église en signe de protestation. Il indique par ailleurs qu'il serait prêt à démissionner s'il n'était "plus capable physiquement, psychologiquement et spirituellement d'accomplir les tâches de sa fonction", ce qu'aucun pape n'a fait depuis 700 ans. 

Tant qu'a faire, il pourrait peut-être aussi fermer définitivement la boutique, non ?

Un peu de musique, pour changer



Philippe Katerine : "La Banane"
Katerine, un philosophe moderne ?

Conseil de lecture : "Garanti sans moraline" de Patrick Declerck


"Garanti sans moraline"
  • Poche: 241 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (4 décembre 2008)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070342069
  • ISBN-13: 978-2070342068

Patrick Declerck a été salué, récompensé, considéré pour son premier livre, « Les Naufragés ». Il y racontait comment, pendant 15 ans, il avait planté ses yeux dans ceux des SDF de Paris pour comprendre leur parcours et les aider vraiment. Un succès dont ce psychanalyste et sociologue belge ne veut pas ! Une béatification sociale qu’il rejette en bloc. Comment ? En signant ce recueil de onze nouvelles plus cyniques les unes que les autres.


Présentation de l'éditeur :

Une religieuse âgée s'avance lentement vers nous. Elle marche sur deux cannes... Il se fait silence autour d'elle. C'est pénible et douloureux... Elle arrive devant moi. Sa main est sèche. Son regard cherche le mien. Je n'ai pas communié. Je n'ai pas récité le Pater. Je ne me suis pas signé. Elle a compris que je n'aime pas tout ça. Que je ne crois à rien. Ni à Dieu. Ni à tous ses saints. Ni à la Vierge qui pleure. Ni à la vache qui rit. Ni à l'Homme. Ni même à la retraite des cadres. À que dalle... Et son regard, dans un fin sourire, me dit qu'elle sait tout cela. Et un instant, nous nous reconnaissons pour ce que nous sommes. Et nous sommes nus l'un pour l'autre, la vieille femme abîmée et moi, sanguin et pléthorique. Vivants à l'ombre de la mort. Réconciliés, au-delà du désespoir même. Des nouvelles sur le fil du rasoir, à l'intention de ceux qui savent que l'Histoire est sans issue, l'espoir vain, et ce monde insoutenable. Sans dieu ni maître, un manifeste du pessimisme joyeux.


Biographie de l'auteur :

Patrick Declerck, psychanalyste et anthropologue, a publié en 2001, Les Naufragés, avec les clochards de Paris, Terre Humaine, Pion (Prix Essai France Télévision 2002).

Robert Badinter et les raisons de son vote de la Loi contre le port du voile dans l'espace public

M. Robert Badinter
(sénateur des Hauts de Seine)

Intervention de Robert Badinter au Sénat
(séance du 14 septembre 2010)

"Madame la présidente, madame la ministre d’État, mes chers collègues, toutes les convictions qui se sont exprimées au cours de ce débat sont honorables, et je conçois parfaitement qu’une diversité d’approches se manifeste, notamment sur le plan juridique, dès l’instant où, unanimement, nous condamnons le port de la burqa ou du niqab.

Je commencerai par deux observations d’ordre juridique. Je souhaite d’abord adresser une recommandation à Mme la présidente, en ce qu’elle représente le président du Sénat. Quel que soit le texte voté, il faut que le président du Sénat, comme celui de l'Assemblée nationale, le défère au Conseil constitutionnel. Je rappelle que le Premier ministre a demandé l’avis du Conseil d’État, mais qu’il ne l’a pas suivi, en tout cas pas complètement, et que, sur cette question, l'Assemblée nationale a adopté une position différente. Par conséquent, le risque existe. Je n’aurai garde de prendre part à la discussion sur l’étendue de ce risque. Il revient maintenant au Conseil constitutionnel de se prononcer pour savoir si ce texte est constitutionnel ou non. Il doit être saisi immédiatement pour éviter que ne perdure une sorte d’indécision juridique, toujours préjudiciable quand il s’agit d’une question de cette importance, et que l’on soit contraint d’attendre l’inévitable question prioritaire de constitutionnalité. Je souhaite que cela soit fait. Je ne suis pas absolument convaincu que ce ne soit pas déjà l’opinion du président du Sénat et de celui de l'Assemblée nationale.

Sur la conventionnalité, ensuite, je formulerai deux remarques. Dans un arrêt du 13 février 2003, la Cour européenne des droits de l’homme a adopté une position très claire sur les mesures d’interdiction de tous ordres prises par le gouvernement turc, soulignant qu’elles étaient parfaitement compatibles avec la Convention européenne des droits de l’homme. En 2010, une nouvelle décision est intervenue, dont il a été fait état au cours de ce débat : il s’agissait d’hommes portant des tenues montrant leur adhésion à une fraction religieuse extrême. Je le précise pour une raison simple : la Cour européenne des droits de l’homme a souligné que le problème était d’ordre religieux. Or la question dont nous débattons aujourd'hui n’est pas celle de l’atteinte à la laïcité. C’est celle de l’égalité des femmes et des hommes, de l’égalité de droits, de condition, de la dignité et de la liberté des femmes, toutes choses qui n’étaient pas soumises à la Cour européenne des droits de l’homme dans son arrêt du 23 février 2010. Il n’est pas indifférent de le rappeler.

J’en viens à mon propos essentiel : pourquoi vais-je voter ce projet de loi ?

N’étant pas naïf, je sais très bien quelles étaient les motivations politiciennes à l’origine de ce besoin soudain de légiférer dans ce domaine. Je laisse toutefois cela de côté… Certains se rendent dans les pays du Golfe et y constatent les progrès accomplis en matière de condition des femmes. D’autres, comme moi, s’intéressent à la vie des instances des Nations unies, en particulier du Conseil des droits de l’homme à Genève.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi bien à la commission des affaires européennes qu’à la commission des affaires étrangères, nous ne devons pas nous aveugler : nous sommes en présence de deux visions des droits de l’homme et nous vivons l’un des affrontements idéologiques les plus durs que nous ayons connus depuis les années de la guerre froide. Ce conflit n’est pas, en effet, sans rappeler le temps où les communistes considéraient que s’opposaient deux visions des droits de l’homme, l’une bourgeoise, l’autre socialiste. Aujourd'hui, toutefois, il s’agit d’autre chose.

Au sein de ces instances, nous avons constamment face à face, d’un côté, tous les États démocratiques, qui soutiennent le principe de l’universalité des droits de l’homme, et, de l’autre, les États qui répondent que les droits de l’homme sont un cadeau fait par Dieu à l’homme pour le rendre plus heureux sur cette terre, mais qu’ils doivent être interprétés à la lumière de la charia.

Je pourrais citer un nombre important de textes qui reprennent cette position. Il n’est qu’à lire la dernière résolution proposée et votée sur l’initiative de la République islamique d’Iran lors de la 35e session du conseil des ministres des affaires étrangères de l’Organisation de la conférence islamique, qui réaffirme cette doctrine. Nous sommes bien là en présence d’un conflit majeur, en particulier pour les laïcs que nous sommes.

Lorsque interviennent des questions essentielles, telles que la peine de mort ou la résolution adoptée par le même conseil des ministres des affaires étrangères de l’Organisation de la conférence islamique en 2004, à la suite d’une protestation de l’Union européenne, sur la lapidation des femmes, cela prend tout son sens. La réponse fut : cela ne vous regarde pas, l’Union européenne n’a pas, au nom de sa conception des droits de l’homme, à nous donner de leçons sur ce que doit être la loi islamique.

Or, il est des principes avec lesquels nous ne pouvons transiger, notamment celui qui nous occupe aujourd'hui, à savoir le principe fondamental, presque primordial, de l’égalité entre hommes et femmes. Nous ne cessons d’œuvrer pour le faire entrer plus avant dans nos sociétés.

Or, ce principe est défié. Et ceux qui le défient le font, croyez-moi, en connaissance de cause, pour tester nos facultés de résistance.

On ne peut pas transiger avec ce principe, s’accommoder d’un signe, d’un signal, d’une tenue. Car le voile est porté où, et par qui ? Ce sont les talibans qui contraignent les femmes à porter la burqa. Dès que les talibans prennent ou reprennent le pouvoir, la burqa devient obligatoire et, parallèlement, les filles sont retirées des écoles. C’est à ce moment-là que le port de la burqa prend toute sa signification. Au-delà même du port du voile intégral dans la rue, il faut voir le symbole qui est transmis, exprimé, inscrit dans cette tenue. Nous devons donc réagir. Il s’agit, je le répète, d’un principe avec lequel nous ne pouvons pas transiger, que nous ne pouvons pas abandonner.

Je rappelle simplement, mais c’est essentiel, que le droit à la liberté d’opinion figure dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. À l’époque, on avait précisé, ce qui était singulier, « même religieuse » ! Alors, la liberté d’opinion religieuse ? Oui ! La liberté de pratiquer sa religion ? Oui ! La laïcité les garantit à chacun.

Mes chers collègues, en interdisant le port du voile intégral dans l’espace public, vous n’empêchez personne de pratiquer sa religion. Ce n’est pas une dragonnade ou une inquisition ! Nous favorisons au contraire, comme je le souhaite, par la construction de mosquées et par l’expression constante de notre sympathie, de notre amitié, la garantie à tous ceux qui le veulent d’exercer leur croyance et leur foi.

En interdisant le port du voile dans l’espace public, vous n’empêchez pas celles qui le veulent de pratiquer leur religion, mais vous ne tolérez pas que les éléments les plus intégristes et les plus fanatiques affichent et proclament leur vision, que nous ne pouvons pas accepter, d’une société où les femmes disparaissent de l’espace public et ne sont plus que des fantômes.

Cela, non ! Et c’est la raison pour laquelle je voterai ce projet de Loi". (Applaudissements sur l’ensemble des travées)...

Déchéance de nationalité, un silence qui en dit long !



Dans l'émission Revu et corrigé, le député UMP Myard refuse de répondre à trois reprises à la question de David Assouline : parlementaire, naturalisé, est il moins Français que Myard ? Un silence accablant sur la vision que l'UMP a de la France et de ses citoyens, même quand ils la représentent au Parlement.

Un peu de Philo : Epicure "Lettre à Ménécée"



Lettre d'Epicure à Ménécée, où se trouve résumé l'essentiel de ce que nous connaissons de l'éthique épicurienne, à sa fondation.

L'église Belge au fond Dutroux !

 Le cardinal Danneels en 2009

“Le dossier Dutroux de l’Eglise…” Le rapport de la commission Adriaenssen chargée d’enquêter sur la pédophilie au sein de l‘église catholique belge a été dévoilé et ses révélations sont graves. Il évoque notamment 13 cas de suicides et 6 autres tentatives liées à des abus sexuels. Des abus sur des enfants et jeunes adolescents qui se sont produits entre les années 60 et 80, 475 témoignages ont été recueillis.

“Quand la plupart des abus au Pays Bas se passaient dans des pensionnats, chez nous en Belgique, le problème est encore différent le prêtre est considéré comme l’ami de la famille…” a notamment dit Peter Adriaenssen. Ces révélations font suite à la décision d’un tribunal belge hier de déclarer illégales les perquisitions menées au mois de juin dans des locaux de l’Eglise, notamment au siège de l’archidiocèse de Mechelen-Bruxelles.

Le parquet devra rendre les documents saisis au domicile de l’ancien primat de Belgique, le cardinal Godfried Danneels. Atteint par la limite d‘âge, il a démissionné en janvier dernier.
Des perquisitions qui étaient allées jusqu‘à fouiller la crypte de la cathédrale de Malines, sans dévoiler le moindre document, mais le Vatican avait protesté haut et fort contre des méthodes disproportionnées.
Ses documents saisis, la commission d’enquête interne constituée par l‘église et conduite de façon indépendante par le pédopsychiatre Peter Adriaenssen avait été dissoute. Des fuites avaient alerté le parquet qui redoutait qu’elle serve en fait à dissimuler des documents pour protéger les pédophiles présumés.

La plupart des plaintes, en principe prescrites du point de vue pénal, sont parvenues à la commission après la démission forcée le 23 avril de l‘évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, qui a reconnu avoir abusé sexuellement de son neveu mineur entre 1973 et 1986. Cette semaine, l’ancien primat de Belgique, Godfried Danneels a fait son mea culpa en reconnaissant qu’il aurait dû encourager la démission de l‘évèque de Bruges.

Source : euronews

« Contre la xénophobie et la politique du pilori » Nous y étions !

A l’initiative des organisations syndicales, associations et partis politiques, sous l’unique bannière « Contre la xénophobie et la politique du pilori », après les signatures de près de 60.000 personnes de l’Appel citoyen, près de 140 manifestations qui ont accueilli 100 000 personnes ont eu lieu partout en France mais aussi devant les ambassades de France à Barcelone, Bruxelles, Londres , Bucarest, Rome, Vienne, etc.

A la Réunion, à Saint Denis, sur le parvis des droits de l'homme nous y étions aussi ! 

En France, des dizaines de milliers de manifestants ont dit leur refus d’une politique de la peur, de la xénophobie et des divisions qu’elles provoquent. Les manifestants ont voulu donner un coup d’arrêt à ces dérives dangereuses pour la démocratie, pour la paix civile et pour la réputation internationale de la France. Ils ne s’arrêteront pas à cette seule journée de mobilisation, même si elle fut intense, forte et citoyenne.

Marmailles attention ! Le curé Tual libéré !


A Saint Denis de la Réunion, Michel Tual a retrouvé la liberté hier, après examen de son dossier par le juge d’instruction et avis favorable du parquet.

L’ancien curé, âgé de 74 ans, avait déposé mercredi une demande de mise en liberté par l’intermédiaire de son avocat, Me Laurent Schwartz. La demande a été examinée jeudi et c’est hier, en début d’après-midi, qu’une voiture de l’évêché est venue chercher l’ancien curé de Bras-Panon pour le conduire dans un lieu de retraite où il séjournera dans l’attente de son procès (gageons que ce ne soit pas à proximité d'une école primaire !). 

Il était incarcéré depuis le 18 décembre 2009 pour onze agressions sexuelles commises à Sainte-Rose et à Bras-Panon, pour une tentative de viol et pour corruption de mineurs. Son avocat a fait valoir que la détention provisoire n’était plus nécessaire puisque l’instruction arrivait à son terme et qu’une expertise médicale indiquait que le prêtre ne pouvait être considéré comme dangereux (ben voyons !). 

Le curé Tual est donc à présent libre, il reste soumis à un contrôle judiciaire . Il ne peut pas quitter le chef-lieu sans en avertir le juge, et a interdiction de se rendre à Sainte-Rose et à Bras-Panon. Il n’a pas non plus le droit d’exercer une activité professionnelle en lien avec les enfants (il ne manquerait plus que ça !)

En tous cas, voilà qui va réconforter les victimes et leurs parents. 

"Les bohémiens excitent la haine des bourgeois", Flaubert.

A lire, à méditer et à mettre en rapport avec l'actuelle politique du pilori de notre gouvernement.

Extrait d'une lettre de Gustave Flaubert à Georges Sand (in « Correspondance » de Gustave Flaubert - lettre à George Sand, 12 juin 1867 - éd. de la Pléiade - tome 5, pp. 653-654.).

« […] Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons.

Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols - Et j'ai entendu de jolis mots à la Prud'homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre.

C'est la haine que l'on porte au Bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m'exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. […] »

Gustave Flaubert (1821 - 1880)