Pas de liberté d'expression à la Réunion !

Le Théâtre Talipot fête ses 25 ans d'existence, après avoir brulé les planches de l'Opéra de Paris, des scènes à Zurich, en Tasmanie, à Hong Kong ou en Pologne choisit sa terre de souche La Réunion pour présenter sa dernière création "Aïa de la grotte jusqu'au ciel". Ce spectacle évoque la relation entre les êtres humains et la nature.L'anniversaire sera gâché, le président de la CCI de La Réunion "n'adhère" pas au spectacle de Talipot !!! 

Philippe Pelen Baldini, directeur artistique de la troupe Talipot, et les acteurs sud-africains se souviendront longtemps de la représentation de leur dernier spectacle "AïA". Un spectacle commandé en avant-première par la CCIR et qui a été donné jeudi dernier lors d'un diner devant toutes les délégations d'Outre-mer présentes aux Assises du Commerce, mais également devant des élus de la Réunion. Problème la représentation n'a duré que trois minutes. La raison ? Ce serait le président de la CCIR, Ibrahim Patel, qui n'aurait pas "adhéré" au spectacle, explique Philippe Pelen Baldini.

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Philippe Pelen Baldini
(directeur artistique de la troupe Talipot)

"Le théâtre Talipot existe depuis 25 ans (…). Ce dernier spectacle nous l'avons créé en Afrique du Sud sur l'origine commune, du berceau de l'histoire. En avant-première la CCIR a voulu que l'on présente des extraits (…). Je suis intervenu en parlant de cette origine commune, de cette origine africaine et que nous sommes tous africains", explique le directeur artistique de Talipot qui rappelle que se sont "les archéologues et historiens qui le disent".

"C'était la honte pour la Réunion" 

Ibrahim Patel n'aurait pas apprécié le thème du spectacle ? Se serait le cas à en croire Philippe Pelen Baldini. "Il y a un berceau commun pour tous, c'est l'Afrique. Peut-être que cela dérange certains dans leur schéma de construction", souligne-t-il.

Les acteurs sont restés trois minutes sur scène avant que la communication de la CCIR ne vienne les interrompre. "La chargée de communication est venue me voir et m'a dit : "Le président n'adhère pas, il exige que vous arrêtiez tout de suite", lâche Philippe Pelen Baldini. Une décision "choquante" pour les acteurs de la troupe mais également pour une grande partie du public. "On m'a dit que la délégation comorienne était partie choquée par cette décision", ajoute-t-il.

Le président Patel délivrera ce lundi du bout des lèvres des excuses alambiquées. Sa décision ne semble pas lui poser de problème, seule la méthode attribuée à son service de communication est quelque peu inadaptée".

Inacceptable dans une République laïque, ici on censure un spectacle, puis après... comme dit le poète Heinrich Heine "Là où l'on brûle les livres, on finit par brûler les hommes".

(Sources : Zinfo974.com & chansonsetpiments.com)

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