Il faut désacraliser les jours fériés

Ecoutez la dernière chronique 2010 de Caroline Fourest sur France Culture intitulée :
"Il  faut désacraliser les jours fériés".

Intéressante et riche de propositions !

Podcast téléchargeable sur le site de France Culture.

Le lien vers l'écoute de cette petite chronique est là >>> : http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-3584481#reecoute-3584481

Cadeau de Noël : Une rétrospective expresse cinéma 2010



Cadeau pour nos fidèles lecteurs ...

Bonnes fêtes de fin d'année à tous !

Les films par ordre d’apparition sont répertoriés ici.

La femme grillagée de Pierre Perret



La femme grillagée
(paroles et musique Pierre Perret – © 2010 Editions Adèle)

Ecoutez ma chanson bien douce
Que Verlaine aurait su mieux faire
Elle se veut discrète et légère
un frisson d’eau sur de la mousse
C’est la complainte de l’épouse,
de la femme derrière son grillage
Ils la font vivre au Moyen-âge
Que la honte les éclabousse.

Refrain

Quand la femme est grillagée
toutes les femmes sont outragées
les hommes les ont rejetées
Dans l’obscurité
Elle ne prend jamais la parole
En public ce n’est pas son rôle
Elle est craintive elle est soumise
Pas question de lui faire la bise
On lui a appris à se soumettre
A ne pas contrarier son maître
Elle n’a droit qu’à quelques murmures
Les yeux baissés sur sa couture

Refrain
Elle respecte la loi divine
Qui dit par la bouche de l’homme
Que sa place est à la cuisine
Et qu’elle est sa bête de somme
Pas question de faire la savante
Il vaut mieux qu’elle soit ignorante
Son époux dit que les études
Sont contraires à ses servitudes

Refrain

Jusqu’aux pieds sa burka austère
Est garante de sa décence
Elle prévient la concupiscence
Des hommes auxquels elle pourrait plaire
Un regard jugé impudique
Serait mortel pour la captive
Elle pourrait finir brûlée vive
Lapidée en place publique

Refrain

Jeunes femmes larguez les amarres
Refusez ces coutumes barbares
Dites non au manichéisme
Au retour à l’obscurantisme
Jetez ce moucharabieh triste
Né de coutumes esclavagistes
Et au lieu de porter ce voile
Allez vous-en mettez les voiles

L'enseignement privé arrosé par des financements publics

Décomplexée par les discours du Latran et de Riyad du Président Sarkozy qui vantaient notamment la prétendue supériorité du curé ou du pasteur sur l’instituteur dans la transmission des valeurs, la droite n’est depuis pas en manque d’imagination pour favoriser l’enseignement privé et lui consentir des avantages sonnants et trébuchants.

Dernier exemple en date, dans la nuit de mardi à mercredi, la majorité UMP du Sénat a ainsi adopté un amendement au projet de budget 2011. Celui-ci était proposé par le désormais célèbre sénateur Carle qui en 2009 avait déjà fait assouplir le financement des écoles primaires privées par les collectivités locales. Cette fois, il s’agit de soustraire à l’enseignement public l’équivalent de 250 postes supplémentaires (soit 4 millions d’euros) pour les reverser à l’enseignement privé. Même devant la saignée des 16 000 suppressions de postes déjà prévues pour la rentrée 2011, public et privé ne sont pas mis sur un plan d’égalité, la contribution des établissements privés aux suppressions de postes étant proportionnellement deux fois moindre que pour ceux du public !

Quelques jours auparavant, le 19 octobre, la Présidence de l’Assemblée nationale a enregistré une proposition de loi présentée par 81 députés UMP allant dans le même sens. Elle vise à exonérer les écoles privées sous contrat d’association de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Les collectivités territoriales et les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre peuvent en décider ainsi pour peu que le propriétaire des bâtiments concernés en fasse la demande avant le 1er janvier. Cet avantage est consenti au motif spécieux que « les écoles privées sous contrat d’association rendent des services extrêmement appréciables aux communes », car « elles permettent aux collectivités territoriales d’être dispensées de lourdes charges », notamment « dans un certain nombre de communes dépourvues d’établissements publics ». Outre la part de tartuferie induite par un tel raisonnement, cette loi entérine un renoncement à rendre effective la loi républicaine indiquant que « toute commune doit être pourvue d’au moins une école élémentaire publique ». Pire, ces dispositions favoriseront puissamment la transgression de la loi en contribuant à réduire à peau de chagrin le service public d’éducation.

Il s’agit là d’un nouveau financement déguisé de l’enseignement privé dont la charge reposera au final sur les contribuables. En effet, il est prévu que les éventuelles pertes de recettes pour les collectivités territoriales qui feraient le choix de telles exonérations soient compensées par l’État via la création d’une taxe additionnelle aux droits sur les tabacs. Autrement dit, ceux qui décideront ne supporteront pas le coût effectif d’une telle mesure. Cette proposition de loi tendrait à créer une nouvelle niche fiscale, en contradiction flagrante avec le discours gouvernemental visant à les raboter dans le sens d’un nécessaire effort partagé. Il est vrai que les déclarations d’intention n’engagent que ceux qui veulent bien y croire.

Il convient de dénoncer cette nouvelle attaque contre le principe intangible de laïcité. Par ce biais et par la suppression de la carte scolaire qui l’accompagne, les libéraux souhaitent instituer un vaste marché des établissements publics et privés au nom de la sempiternelle concurrence libre et non faussée. De l’École de la République, nous glisserions vers une école à la carte débarrassée de l’exigence de l’intérêt général et de la nécessité de mixité sociale. Plus que jamais, au nom de l’égalité devant l’éducation que sont en droit d’attendre tous les élèves, l’urgence est de réaffirmer l’impératif que les fonds publics aillent exclusivement à l’école publique.

Nous appelons en outre, conformément au serment de Vincennes prononcé par le camp laïque le 19 juin 1960, à l’abrogation de la Debré de 1959 qui fait office de véritable concordat sans en porter le nom en assurant le financement public des écoles privées. 

Le texte de proposition de Loi est accessible là >>> : http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion2875.asp

Source : Marianne 2

Appel commun Journée de la Laïcité

A l’occasion de la journée de la laïcité du 9 décembre 2010

Nous, Organismes et Associations signataires,

Au nom des principes et des engagements que nous partageons dans le cadre du respect, de la défense et de la promotion de la laïcité en France et dans le monde :

Rappelant,

La Déclaration universelle universelle des droits de l’Homme, et les instruments internationaux et régionaux des droits de l’Homme, en particulier la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union européenne, qui garantissent les libertés d’opinion, d’expression et de conviction

La laïcité qui est un principe intimement liée aux Droits de l’Homme et à la Démocratie

Le principe constitutionnel français qui fixe que la République est démocratique, sociale et laïque, et qui assure la séparation des églises et de l’Etat, particulièrement dans le cadre de la loi de 1905

Qu’au moment où les inégalités économiques, sociales et culturelles sont si criantes et s’accroissent, la laïcité, qui est le contraire de l’exclusion, permet de rassembler et de considérer chaque femme ou homme - d’où qu’il vienne, quelles que soient ses appartenances religieuses, philosophiques, politiques ... - comme un citoyen égal aux autres devant la loi ;

Constatant le retour des revendications religieuses et identitaires dans le débat public, en ce début du XXIe siècle, dont les femmes sont les principales victimes ;

Etant convaincus que le respect de la laïcité contribue à l’égalité, au maintien, si menacé aujourd’hui, de la cohésion sociale, favorise la mixité sociale et peut ainsi redonner confiance à une jeunesse si malmenée par la société.

En ce jour anniversaire de la loi de 1905

Nous nous déclarons, inquiets du recul de la laïcité, en particulier sous les pressions des revendications de tous les extrémismes identitaires et religieux, tendant à l’affaiblir dans les services publics par exemple

Nous exprimons notre préoccupation devant le fait que, pour faire face à ces nouvelles demandes, les services sociaux et sanitaires, l’Education nationale, le service national des armées, les lieux de détention, les communes (etc.), soient contraints, au prétexte de paix sociale, d'improviser des "arrangements" qui écornent sérieusement le principe de laïcité

Nous refusons l’évolution vers la constitution de ghettos culturels et religieux, favorisant le communautarisme contraire aux valeurs égalitaires de notre pays

Nous refusons le foisonnement des qualificatifs que certains voudraient accoler à la laïcité, dont le résultat est de l’affaiblir, sinon de réinterpréter ce qui, hier comme aujourd’hui, garantit la liberté de chacun de croire ou de ne pas croire, la liberté de conscience de chacune et de chacun, l’égalité des droits pour tous ;

Nous dénonçons toute tentative de réduire ou de cantonner le principe de laïcité à la question de l’immigration et de l’intégration ;

Nous refusons que le terme de laïcité soit récupéré par une quelconque idéologie politique, pour en faire l’objet d’un débat partisan qui menacerait la République.

En conséquence nous appelons nos concitoyens, les pouvoirs publics, le gouvernement, les élus d’aujourd’hui et ceux qui aspirent à le devenir demain, à s’impliquer dans la défense de cette laïcité, tant dans la vie politique nationale, que dans les instances internationales, afin de faire rayonner les trois principes fondateurs de Liberté-Egalité-Fraternité, ainsi que la laïcité et la solidarité, alors que des menaces pèsent sur la paix et le progrès social.

Fait à Paris, le 25 novembre 2010

Les signataires :

Arab Women's Solidarity Association France
Association des Libres Penseurs de France
Association EGALE
Association Laïcité-Liberté
Association Le Chevalier de la Barre
Association Libres Mariannes
Association Solidarité Laïque
Centre d'Action Européenne Démocratique et Laïque
Comité Laïcité République
Conseil National des Associations Familiales Laïques
Fédération Française Le Droit Humain
Fédération Nationale des Délégués Départementaux de l'Education Nationale
Grand Orient de France
Grande Loge Féminine de France
Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm
Grande Loge Mixte de France
Grande Loge Mixte Universelle
Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra
Loge Nationale Française
Observatoire International de la Laïcité
Regards de Femmes
SOS Racisme

La Laïcité, des principes à rappeler ...

video

La Laïcité, deux modules de formation sur le site du discriminologue : http://www.lediscriminologue.org/
 ... Formez-vous sans modération !

Irak, la sale guerre : Wikileaks, vidéo de "dégats collatéraux en Irak"



Le désormais célèbre site Wikileaks diffusait il y peu cette vidéo piratée aux autorités militaires américaines (raid sur Bagdad du 12 juillet 2007). On y voit le meurtre de journalistes de Reuters et de leurs accompagnateurs armés seulement de leurs caméras et appareils photos. Un hélicoptère Apache tire sans sommation et décime des civils à l'arme lourde ! Même d'autres civils venant porter secours aux blessés seront abattus sans états d'âme, deux enfants seront grièvement blessés sous les tirs nourris de l'hélicoptère. 

La guerre stupide et meurtrière dans toute son horreur. 

P.S : Nous relayons un peu tardivement cette vidéo pour soutenir Wikileaks qui traverse aujourd'hui une passe difficile et fait l'objet de nombreuses attaques politiques et judiciaires. Quant à nous, nous estimons que la liberté d'information doit être préservée à tout prix !

Cantona donne un Carton Rouge aux marchands de sommeil



Face à une situation sociale qu'elle juge d'une rare gravité, la Fondation Abbé Pierre brandit un carton rouge contre le mal-logement. L'ancien footballeur Eric Cantona a choisi de parrainer cette campagne en participant à un clip particulièrement percutant.

Là ou l'Etat fait défaut les ONG prennent position. Dommage que ce soit une organisation fondée par un cureton qui dénonce cette situation, mais bon ne soyons pas sectaires !

Bientôt l'hiver en métropole, le pape met enfin une capote !

Voulant faire croire à ses ouailles qu'il est un pape "moderne", Benoit XVI, dans un livre d'entretiens à paraître mardi, estime pour la première fois que l'usage du préservatif peut dans certains cas se justifier pour empêcher la transmission du sida, ce qui assouplit l'une des positions les plus controversées du Vatican. 

La plupart des dirigeants de l'Église déclarent depuis des décennies que les préservatifs ne font pas partie de la solution dans la lutte contre le sida, bien qu'aucune position officielle sur ce point n'ait été inscrite dans un document du Vatican. L'an dernier, le souverain pontife avait suscité un tollé en déclarant aux journalistes qui l'accompagnaient en Afrique que les préservatifs ne devaient pas être utilisés parce qu'ils risquaient d'aggraver la propagation du sida. L'opposition du Vatican à la régulation artificielle des naissances est fortement contestée, même en milieu catholique, depuis son entérinement dans l'encyclique Humanae Vitae ("De la vie humaine") promulguée par Paul VI en 1968.

Benoît XVI souligne que "les grandes lignes d'Humanae Vitae demeurent justes", faisant ainsi comprendre que ses propos sur les préservatifs ne doivent pas s'appliquer à la régulation des naissances mais seulement à la prévention du sida. À ses yeux, le fait de concentrer l'attention générale sur le préservatif "implique une banalisation de la sexualité" où celle-ci n'est plus une expression d'amour "mais seulement une sorte de drogue que les personnes s'administrent" (!!!).

Cerise sur le gâteau, dans d'autres parties du livre, Benoît XVI présente Pie XII, qui fut pape durant la Seconde Guerre mondiale et que certains accusent d'avoir fermé les yeux sur l'Holocauste, comme "l'un des grands justes, (qui) a sauvé plus de Juifs que toute autre personne". Décidément, Benoît est prêt à tout pour restaurer l'image de son église !

Le souverain pontife confie également que les scandales de prêtres pédophiles qui ont secoué l'Église ont constitué "un choc sans précédent", bien qu'il ait suivi ce dossier pendant des années. Il dit comprendre que des personnes puissent quitter l'Église en signe de protestation. Il indique par ailleurs qu'il serait prêt à démissionner s'il n'était "plus capable physiquement, psychologiquement et spirituellement d'accomplir les tâches de sa fonction", ce qu'aucun pape n'a fait depuis 700 ans. 

Tant qu'a faire, il pourrait peut-être aussi fermer définitivement la boutique, non ?

Un peu de musique, pour changer



Philippe Katerine : "La Banane"
Katerine, un philosophe moderne ?

Conseil de lecture : "Garanti sans moraline" de Patrick Declerck


"Garanti sans moraline"
  • Poche: 241 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (4 décembre 2008)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070342069
  • ISBN-13: 978-2070342068

Patrick Declerck a été salué, récompensé, considéré pour son premier livre, « Les Naufragés ». Il y racontait comment, pendant 15 ans, il avait planté ses yeux dans ceux des SDF de Paris pour comprendre leur parcours et les aider vraiment. Un succès dont ce psychanalyste et sociologue belge ne veut pas ! Une béatification sociale qu’il rejette en bloc. Comment ? En signant ce recueil de onze nouvelles plus cyniques les unes que les autres.


Présentation de l'éditeur :

Une religieuse âgée s'avance lentement vers nous. Elle marche sur deux cannes... Il se fait silence autour d'elle. C'est pénible et douloureux... Elle arrive devant moi. Sa main est sèche. Son regard cherche le mien. Je n'ai pas communié. Je n'ai pas récité le Pater. Je ne me suis pas signé. Elle a compris que je n'aime pas tout ça. Que je ne crois à rien. Ni à Dieu. Ni à tous ses saints. Ni à la Vierge qui pleure. Ni à la vache qui rit. Ni à l'Homme. Ni même à la retraite des cadres. À que dalle... Et son regard, dans un fin sourire, me dit qu'elle sait tout cela. Et un instant, nous nous reconnaissons pour ce que nous sommes. Et nous sommes nus l'un pour l'autre, la vieille femme abîmée et moi, sanguin et pléthorique. Vivants à l'ombre de la mort. Réconciliés, au-delà du désespoir même. Des nouvelles sur le fil du rasoir, à l'intention de ceux qui savent que l'Histoire est sans issue, l'espoir vain, et ce monde insoutenable. Sans dieu ni maître, un manifeste du pessimisme joyeux.


Biographie de l'auteur :

Patrick Declerck, psychanalyste et anthropologue, a publié en 2001, Les Naufragés, avec les clochards de Paris, Terre Humaine, Pion (Prix Essai France Télévision 2002).

Robert Badinter et les raisons de son vote de la Loi contre le port du voile dans l'espace public

M. Robert Badinter
(sénateur des Hauts de Seine)

Intervention de Robert Badinter au Sénat
(séance du 14 septembre 2010)

"Madame la présidente, madame la ministre d’État, mes chers collègues, toutes les convictions qui se sont exprimées au cours de ce débat sont honorables, et je conçois parfaitement qu’une diversité d’approches se manifeste, notamment sur le plan juridique, dès l’instant où, unanimement, nous condamnons le port de la burqa ou du niqab.

Je commencerai par deux observations d’ordre juridique. Je souhaite d’abord adresser une recommandation à Mme la présidente, en ce qu’elle représente le président du Sénat. Quel que soit le texte voté, il faut que le président du Sénat, comme celui de l'Assemblée nationale, le défère au Conseil constitutionnel. Je rappelle que le Premier ministre a demandé l’avis du Conseil d’État, mais qu’il ne l’a pas suivi, en tout cas pas complètement, et que, sur cette question, l'Assemblée nationale a adopté une position différente. Par conséquent, le risque existe. Je n’aurai garde de prendre part à la discussion sur l’étendue de ce risque. Il revient maintenant au Conseil constitutionnel de se prononcer pour savoir si ce texte est constitutionnel ou non. Il doit être saisi immédiatement pour éviter que ne perdure une sorte d’indécision juridique, toujours préjudiciable quand il s’agit d’une question de cette importance, et que l’on soit contraint d’attendre l’inévitable question prioritaire de constitutionnalité. Je souhaite que cela soit fait. Je ne suis pas absolument convaincu que ce ne soit pas déjà l’opinion du président du Sénat et de celui de l'Assemblée nationale.

Sur la conventionnalité, ensuite, je formulerai deux remarques. Dans un arrêt du 13 février 2003, la Cour européenne des droits de l’homme a adopté une position très claire sur les mesures d’interdiction de tous ordres prises par le gouvernement turc, soulignant qu’elles étaient parfaitement compatibles avec la Convention européenne des droits de l’homme. En 2010, une nouvelle décision est intervenue, dont il a été fait état au cours de ce débat : il s’agissait d’hommes portant des tenues montrant leur adhésion à une fraction religieuse extrême. Je le précise pour une raison simple : la Cour européenne des droits de l’homme a souligné que le problème était d’ordre religieux. Or la question dont nous débattons aujourd'hui n’est pas celle de l’atteinte à la laïcité. C’est celle de l’égalité des femmes et des hommes, de l’égalité de droits, de condition, de la dignité et de la liberté des femmes, toutes choses qui n’étaient pas soumises à la Cour européenne des droits de l’homme dans son arrêt du 23 février 2010. Il n’est pas indifférent de le rappeler.

J’en viens à mon propos essentiel : pourquoi vais-je voter ce projet de loi ?

N’étant pas naïf, je sais très bien quelles étaient les motivations politiciennes à l’origine de ce besoin soudain de légiférer dans ce domaine. Je laisse toutefois cela de côté… Certains se rendent dans les pays du Golfe et y constatent les progrès accomplis en matière de condition des femmes. D’autres, comme moi, s’intéressent à la vie des instances des Nations unies, en particulier du Conseil des droits de l’homme à Genève.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi bien à la commission des affaires européennes qu’à la commission des affaires étrangères, nous ne devons pas nous aveugler : nous sommes en présence de deux visions des droits de l’homme et nous vivons l’un des affrontements idéologiques les plus durs que nous ayons connus depuis les années de la guerre froide. Ce conflit n’est pas, en effet, sans rappeler le temps où les communistes considéraient que s’opposaient deux visions des droits de l’homme, l’une bourgeoise, l’autre socialiste. Aujourd'hui, toutefois, il s’agit d’autre chose.

Au sein de ces instances, nous avons constamment face à face, d’un côté, tous les États démocratiques, qui soutiennent le principe de l’universalité des droits de l’homme, et, de l’autre, les États qui répondent que les droits de l’homme sont un cadeau fait par Dieu à l’homme pour le rendre plus heureux sur cette terre, mais qu’ils doivent être interprétés à la lumière de la charia.

Je pourrais citer un nombre important de textes qui reprennent cette position. Il n’est qu’à lire la dernière résolution proposée et votée sur l’initiative de la République islamique d’Iran lors de la 35e session du conseil des ministres des affaires étrangères de l’Organisation de la conférence islamique, qui réaffirme cette doctrine. Nous sommes bien là en présence d’un conflit majeur, en particulier pour les laïcs que nous sommes.

Lorsque interviennent des questions essentielles, telles que la peine de mort ou la résolution adoptée par le même conseil des ministres des affaires étrangères de l’Organisation de la conférence islamique en 2004, à la suite d’une protestation de l’Union européenne, sur la lapidation des femmes, cela prend tout son sens. La réponse fut : cela ne vous regarde pas, l’Union européenne n’a pas, au nom de sa conception des droits de l’homme, à nous donner de leçons sur ce que doit être la loi islamique.

Or, il est des principes avec lesquels nous ne pouvons transiger, notamment celui qui nous occupe aujourd'hui, à savoir le principe fondamental, presque primordial, de l’égalité entre hommes et femmes. Nous ne cessons d’œuvrer pour le faire entrer plus avant dans nos sociétés.

Or, ce principe est défié. Et ceux qui le défient le font, croyez-moi, en connaissance de cause, pour tester nos facultés de résistance.

On ne peut pas transiger avec ce principe, s’accommoder d’un signe, d’un signal, d’une tenue. Car le voile est porté où, et par qui ? Ce sont les talibans qui contraignent les femmes à porter la burqa. Dès que les talibans prennent ou reprennent le pouvoir, la burqa devient obligatoire et, parallèlement, les filles sont retirées des écoles. C’est à ce moment-là que le port de la burqa prend toute sa signification. Au-delà même du port du voile intégral dans la rue, il faut voir le symbole qui est transmis, exprimé, inscrit dans cette tenue. Nous devons donc réagir. Il s’agit, je le répète, d’un principe avec lequel nous ne pouvons pas transiger, que nous ne pouvons pas abandonner.

Je rappelle simplement, mais c’est essentiel, que le droit à la liberté d’opinion figure dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. À l’époque, on avait précisé, ce qui était singulier, « même religieuse » ! Alors, la liberté d’opinion religieuse ? Oui ! La liberté de pratiquer sa religion ? Oui ! La laïcité les garantit à chacun.

Mes chers collègues, en interdisant le port du voile intégral dans l’espace public, vous n’empêchez personne de pratiquer sa religion. Ce n’est pas une dragonnade ou une inquisition ! Nous favorisons au contraire, comme je le souhaite, par la construction de mosquées et par l’expression constante de notre sympathie, de notre amitié, la garantie à tous ceux qui le veulent d’exercer leur croyance et leur foi.

En interdisant le port du voile dans l’espace public, vous n’empêchez pas celles qui le veulent de pratiquer leur religion, mais vous ne tolérez pas que les éléments les plus intégristes et les plus fanatiques affichent et proclament leur vision, que nous ne pouvons pas accepter, d’une société où les femmes disparaissent de l’espace public et ne sont plus que des fantômes.

Cela, non ! Et c’est la raison pour laquelle je voterai ce projet de Loi". (Applaudissements sur l’ensemble des travées)...

Déchéance de nationalité, un silence qui en dit long !



Dans l'émission Revu et corrigé, le député UMP Myard refuse de répondre à trois reprises à la question de David Assouline : parlementaire, naturalisé, est il moins Français que Myard ? Un silence accablant sur la vision que l'UMP a de la France et de ses citoyens, même quand ils la représentent au Parlement.

Un peu de Philo : Epicure "Lettre à Ménécée"



Lettre d'Epicure à Ménécée, où se trouve résumé l'essentiel de ce que nous connaissons de l'éthique épicurienne, à sa fondation.

L'église Belge au fond Dutroux !

 Le cardinal Danneels en 2009

“Le dossier Dutroux de l’Eglise…” Le rapport de la commission Adriaenssen chargée d’enquêter sur la pédophilie au sein de l‘église catholique belge a été dévoilé et ses révélations sont graves. Il évoque notamment 13 cas de suicides et 6 autres tentatives liées à des abus sexuels. Des abus sur des enfants et jeunes adolescents qui se sont produits entre les années 60 et 80, 475 témoignages ont été recueillis.

“Quand la plupart des abus au Pays Bas se passaient dans des pensionnats, chez nous en Belgique, le problème est encore différent le prêtre est considéré comme l’ami de la famille…” a notamment dit Peter Adriaenssen. Ces révélations font suite à la décision d’un tribunal belge hier de déclarer illégales les perquisitions menées au mois de juin dans des locaux de l’Eglise, notamment au siège de l’archidiocèse de Mechelen-Bruxelles.

Le parquet devra rendre les documents saisis au domicile de l’ancien primat de Belgique, le cardinal Godfried Danneels. Atteint par la limite d‘âge, il a démissionné en janvier dernier.
Des perquisitions qui étaient allées jusqu‘à fouiller la crypte de la cathédrale de Malines, sans dévoiler le moindre document, mais le Vatican avait protesté haut et fort contre des méthodes disproportionnées.
Ses documents saisis, la commission d’enquête interne constituée par l‘église et conduite de façon indépendante par le pédopsychiatre Peter Adriaenssen avait été dissoute. Des fuites avaient alerté le parquet qui redoutait qu’elle serve en fait à dissimuler des documents pour protéger les pédophiles présumés.

La plupart des plaintes, en principe prescrites du point de vue pénal, sont parvenues à la commission après la démission forcée le 23 avril de l‘évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, qui a reconnu avoir abusé sexuellement de son neveu mineur entre 1973 et 1986. Cette semaine, l’ancien primat de Belgique, Godfried Danneels a fait son mea culpa en reconnaissant qu’il aurait dû encourager la démission de l‘évèque de Bruges.

Source : euronews

« Contre la xénophobie et la politique du pilori » Nous y étions !

A l’initiative des organisations syndicales, associations et partis politiques, sous l’unique bannière « Contre la xénophobie et la politique du pilori », après les signatures de près de 60.000 personnes de l’Appel citoyen, près de 140 manifestations qui ont accueilli 100 000 personnes ont eu lieu partout en France mais aussi devant les ambassades de France à Barcelone, Bruxelles, Londres , Bucarest, Rome, Vienne, etc.

A la Réunion, à Saint Denis, sur le parvis des droits de l'homme nous y étions aussi ! 

En France, des dizaines de milliers de manifestants ont dit leur refus d’une politique de la peur, de la xénophobie et des divisions qu’elles provoquent. Les manifestants ont voulu donner un coup d’arrêt à ces dérives dangereuses pour la démocratie, pour la paix civile et pour la réputation internationale de la France. Ils ne s’arrêteront pas à cette seule journée de mobilisation, même si elle fut intense, forte et citoyenne.

Marmailles attention ! Le curé Tual libéré !


A Saint Denis de la Réunion, Michel Tual a retrouvé la liberté hier, après examen de son dossier par le juge d’instruction et avis favorable du parquet.

L’ancien curé, âgé de 74 ans, avait déposé mercredi une demande de mise en liberté par l’intermédiaire de son avocat, Me Laurent Schwartz. La demande a été examinée jeudi et c’est hier, en début d’après-midi, qu’une voiture de l’évêché est venue chercher l’ancien curé de Bras-Panon pour le conduire dans un lieu de retraite où il séjournera dans l’attente de son procès (gageons que ce ne soit pas à proximité d'une école primaire !). 

Il était incarcéré depuis le 18 décembre 2009 pour onze agressions sexuelles commises à Sainte-Rose et à Bras-Panon, pour une tentative de viol et pour corruption de mineurs. Son avocat a fait valoir que la détention provisoire n’était plus nécessaire puisque l’instruction arrivait à son terme et qu’une expertise médicale indiquait que le prêtre ne pouvait être considéré comme dangereux (ben voyons !). 

Le curé Tual est donc à présent libre, il reste soumis à un contrôle judiciaire . Il ne peut pas quitter le chef-lieu sans en avertir le juge, et a interdiction de se rendre à Sainte-Rose et à Bras-Panon. Il n’a pas non plus le droit d’exercer une activité professionnelle en lien avec les enfants (il ne manquerait plus que ça !)

En tous cas, voilà qui va réconforter les victimes et leurs parents. 

"Les bohémiens excitent la haine des bourgeois", Flaubert.

A lire, à méditer et à mettre en rapport avec l'actuelle politique du pilori de notre gouvernement.

Extrait d'une lettre de Gustave Flaubert à Georges Sand (in « Correspondance » de Gustave Flaubert - lettre à George Sand, 12 juin 1867 - éd. de la Pléiade - tome 5, pp. 653-654.).

« […] Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons.

Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols - Et j'ai entendu de jolis mots à la Prud'homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre.

C'est la haine que l'on porte au Bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m'exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. […] »

Gustave Flaubert (1821 - 1880)

Un café ?

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.... pour vous détendre en ce lundi matin ?

Même les chrétiens dénoncent les coups de boutoir dans la laïcité !

Monique Cabotte-Carillon, présidente de l'association Chrétiens pour une Eglise dégagée de l'école confessionnelle (Cedec), qui rassemble depuis 1983 des «chrétiens critiques», dénonce les «coups de boutoir» de l'enseignement catholique qui «contribuent à appauvrir l'école publique», voire à «manipuler les textes évangéliques».

Des chrétiens ont jugé bon - depuis plus de 25 ans - de demander à l'église catholique de ne plus cautionner une école privée. Regroupés dans une association: le Cedec (Chrétiens pour une Eglise dégagée de l'école confessionnelle), ils se sentent humiliés quand l'église catholique contribue, par le comportement des responsables de cette école confessionnelle, à appauvrir l'école publique - école de la nation - à appauvrir des communes, voire à "manipuler" les textes évangéliques. Quelques exemples récents de ces coups de boutoir qui, au nom d'une parité abusive, ne font que renforcer l'inégalité sociale et l'extension d'une politique ultra libérale, même si l'institution ecclésiale n'est pas toujours maîtresse des dérives accomplies en son nom dans ce domaine (dérives non dénoncées).

Dans le contexte économique actuel, bien des écoles françaises sont confrontées aux suppressions de postes, mais tout le monde ne crie pas misère de la même manière. Nathalie Mons, chercheuse spécialiste des politiques éducatives, nous apprend dans un article paru dans le Monde du 16 juin 2010 qu'entre 2003 et 2009 «95% (des postes supprimés) ont été prélevés sur le public contre moins de 5% pour le privé. Une proposition nettement en retrait par rapport au poids de ce réseau dans l'éducation française» (inférieur à 20% en ne considérant que les écoles sous contrat).

La loi Carle, adoptée le 25 octobre 2009, oblige toute commune (sous certaines conditions, certes, mais dans la réalité rares sont les possibilités de refus d'un maire) à financer la présence d'un élève dans une école privée située dans une autre commune. Conséquences: appauvrissement des communes, surtout en zone rurale, mais aussi fermeture d'écoles publiques de petits villages où la population scolaire -la publicité économique aidant- tombe au-dessous du seuil de fermeture.

La compromission politique qu'entraînent certaines écoles hors-contrat (qui s'attribuent l'appartenance à la communauté catholique) est devenue de notoriété publique par l'émission du 27 avril 2010: «A l'extrême droite du père», diffusée sur France 2. Quand aurons-nous une dénonciation ferme de l'emploi de références catholiques - à commencer par le nom de ces établissements - pour des lieux d'où l'on peut craindre que sortent quelques fascistes de demain?

Dans la rédaction de l'Accord Vatican-Kouchner les représentants du Vatican ont justifié la demande de délivrer des diplômes de l'enseignement supérieur (avec complicité de l'Etat français ou inversement, peu importe) par une référence "européenne" (Convention de Lisbonne - processus de Bologne), référence jugée abusive par le Conseil d'Etat (juin 2010) qui rappelle opportunément les lois françaises concernant la collation des grades, ce qui rend l'accord "hors sujet" nous semble-t-il. Ainsi, une fois de plus, l'église se trouve-t-elle impliquée dans un contournement de la législation.

Quelques pommes de discorde stupides viennent ternir le comportement de responsables de l'institution ecclésiale française. Ainsi, pourquoi ne pas avoir accepté de bonne grâce et immédiatement le retrait, dans les salles d'examen, de signes d'appartenance religieuse? Il a donc fallu avoir recours à une note du ministre pour que le principe de neutralité du service public soit respecté.

Comment accepter que dans certaines banlieues des annexes d'écoles privées catholiques ouvrent leurs portes (avec financement public à l'appui)? On y accueille des enfants, non chrétiens pour la plupart, dont les parents sont justement ceux qui, ayant le désir d'échapper au voisinage d'une population scolaire dite difficile, veillaient au suivi scolaire. On a ainsi contribué à la dégradation de la mixité sociale. Comment ces enfants vivent-ils les "propositions" des manifestations religieuses? Respect de l'enfant pour le moins douteux.

Dernier cas récent qui compromet (au sens légal et religieux du terme) l'église catholique de France: la Fondation Saint Matthieu. Par un décret du 18 février 2010 celle-ci a été reconnue d'utilité publique! Cette fondation a été créée pour aider financièrement les écoles catholiques sous contrat pour «concourir aux besoins d'investissements de nature immobilière». Une fois de plus, la loi française est contournée. En effet, dans ce cas, la loi interdit le financement public pour les écoles primaires et ne l'accepte que dans la limite de 10% pour le secondaire. Par les dons à cette fondation, tout citoyen peut obtenir une réduction d'impôts (réduction pouvant aller jusqu'à 75% des sommes données pour les assujettis à l'I.S.F.). La somme ainsi versée n'ira bien sûr pas dans la caisse de l'Etat pour faire fonctionner le "bien commun". En bon français, cela s'appelle "une niche fiscale". Dans le comité d'honneur de la Fondation, on trouve les noms de Monseigneur Vingt-trois, Président de la Conférence Episcopale, et de Monseigneur Aumonier, Président de l'Enseignement Catholique. Sont-ils d'accord avec le site de cette Fondation où on lit: «Matthieu, apôtre financier, a été choisi comme apôtre de la Fondation qui collecte les dons pour l'immobilier de l'enseignement catholique»? Pire: est cité le verset de Saint Matthieu, référence à l'appui (chapitre7, verset 7): «Demandez, il vous sera donné». Quand on lit le passage complet du texte évangélique concerné, on s'aperçoit qu'il s'agit d'expliciter l'importance, pour un croyant, de la prière. Pour d'autres chrétiens, cette pratique de l'utilisation d'un texte relève de la perversion.

Le 16 août 2010,
Monique Cabotte-Carillon
Présidente de l'association Chrétiens pour une Eglise dégagée de l'école confessionnelle (Cedec)

Source : Mediapart

République islamique d'Iran, aveux forcés, lapidation et autres joyeusetés au nom d'Allah !

Sakineh Mohammadi Ashtiani

La télévision iranienne a diffusé mercredi soir, en prime time, les "aveux" de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Cette mère iranienne de deux enfants, condamnée à mort par lapidation pour adultère et complicité du meurtre de son mari. 
 
En prime time à la télévision iranienne, Sakineh Mohammadi Ashtiani a reconnu avoir eu une relation extra-conjugale. Des aveux en bonne et due forme. C'est ce que la justice iranienne a diffusé, mercredi soir, à la télévision publique. 

Celle qui se confesse, Sakineh Mohammadi Ashtiani, a été condamnée à mort par lapidation, pour adultère et complicité du meurtre de son mari. Elle avait jusqu'ici nié les accusations retenues contre elle. En prime time, les téléspectateurs iraniens ont pourtant assisté, dans une émission spéciale, à une série d'entretiens, de Sakineh Mohammadi Ashtiani, du procureur et d'amis ou membres de la famille de "la condamnée". 

La jeune femme floutée et sous un tchador a raconté, une feuille de notes à la main: "J'ai été contacté par un homme en 2005.(..) Il disait que mon mari n'avait pas été un bon mari pour moi.(..) Il m'a dit que nous allions tuer mon mari. Je pensais qu'il plaisantait." A 43 ans, Sakineh Mohammadi Ashtiani, mère de deux enfants, a déjà reçu 99 coups de fouets sous les yeux de son fils, pour avoir eu deux relations extra-conjugales. C'est l'un de ses "amants", un cousin de son mari, qui aurait assassiné ce dernier. Condamné il y a quatre ans, le cousin, reconnu coupable du meurtre par la justice iranienne, a depuis été libéré, révèle le Guardian

Dans son "entretien", Sakineh Mohammadi Ashtiani a ensuite reproché à son avocat Mohammad Mostafaei d'avoir rendu son cas public et de l'avoir ainsi déshonorée, elle et sa famille. "Je vais vous poursuivre" a-t-elle ajouté. En effet, Mohammad Mostafaei, défenseur des droits de l'homme, avait médiatisé l'affaire. Menacé d'emprisonnement, l'homme a dû quitter son pays et trouver refuge en Norvège. "Sa vie (celle de l'Iranienne) est entre les mains des gens qui ont le pouvoir en Iran et, quoi qu'ils cherchent, ils peuvent l'obtenir. C'est monnaie courante pour la télévision iranienne de diffuser des mensonges", a-t-il expliqué à Reuters, ajoutant: "Sakineh est une très pauvre femme, qui a besoin d'être humainement aidée et non pas manipulée". Le Comité international contre la lapidation a aussi qualifié cette intervention télévisée de "propagande toxique". Houtan Kian, l'avocat qui a repris son dossier, a authentifié sa cliente floutée."Elle a été frappée violemment et torturée jusqu'à ce qu'elle accepte de lire les déclarations qu'on lui a données lors de son interview télévisée", a-t-il déclaré au New York Times.

Face à la pression internationale, sa peine a été suspendue le 11 juillet dernier. Le 6 août, dans une interview exclusive au «Guardian», l’Iranienne a clamé son innocence et dénoncé les «mensonges» des autorités iraniennes. Elle a confirmé avoir été condamné pour adultère mais affirmé avoir été acquitté en ce qui concerne l’assassinat. Alors pourquoi un tel acharnement ? Pour Sakineh Mohammadi Ashtiani, la réponse est très simple : "parce que je suis une femme. Parce qu’ils pensent qu’ils peuvent faire n’importe quoi quand il s’agit d’une femme dans ce pays. Parce que pour eux, l’adultère est pire que l’assassinat. Parce que je vis dans un pays où les femmes n’ont pas le droit de divorcer et sont privées de leurs droits les plus élémentaires". 

Plusieurs manifestations ont eu lieu à travers le monde pour protester contre cette pratique barbare qu’est la lapidation, et contre l’obscurantisme de la justice iranienne. Encore mardi, une journée d’action avait été organisée comme ci-contre à Toronto au Canada, mais aussi dans plusieurs villes d’Allemagne, à Stockholm (Suède) ou encore Oslo (Norvège). Le 28 août aura lieu une journée «100 villes contre la lapidation» (pour en savoir plus cliquez ici). Une pétition a également été signée par près de 220 000 personnes dont environ 60 000 anonymes.

L'horreur ! Une Afghane veuve et enceinte éxécutée en public par les Talibans !

Talibans en Afghanistan

Bibi Sanubar a été retenue pendant trois jours par des talibans, a reçu deux cents coups de fouet, puis a été exécutée en public dans un bastion taliban de la province de Badghis, dans l'ouest de l'Afghanistan, selon Ghulam Mohammad Sayeedi, le numéro deux de la police provinciale. Les talibans accusaient la veuve d'adultère. Ces informations ont été confirmées par les forces de l'OTAN présentes sur place, qui indiquent que l'éxecution a eu lieu lundi.

"Elle a été exécutée de trois balles dans la tête en public, alors qu'elle était enceinte", a déclaré M. Sayeedi, qui ne précise pas depuis quand elle était veuve. Différentes informations circulent sur l'âge de la femme, qui aurait entre 35 et 48 ans. La victime a été tuée par un commandant taliban local. Son corps a ensuite été jeté dans un secteur contrôlé par les forces de sécurité afghanes. "Personne ne s'est plaint mais le gouvernement va prendre des mesures à propos de cet incident", a réagi un membre du gouvernement local.

Cette exécution rappelle les procès conduits sous le régime des talibans. Les scènes de lapidation de personnes coupables d'adultère aux yeux des talibans avaient émaillé les années 1996-2001. Ceux-ci, qui prônent une application de la loi islamique, coupaient mains et pieds aux Afghans reconnus coupables de vol.

Jacques Bouveresse refuse la Légion d'Honneur : BRAVO !

Jacques Bouveresse - Professeur au Collège de France

Même s’ils ne sont pas légion, il y a encore des types bien qui refusent l’argent et les honneurs pour mettre leurs actes en conformité avec leurs convictions, des hommes d’exception.

Il y a eu d’abord le physicien Didier Chatenay et le généticien moléculaire François Bonhomme, deux têtes du troupeau des chercheurs qui n’ont pas accepté la prime - renouvelable- de 15 000 Euros pour «excellence scientifique» de leur bergère, parce qu’ils n’avaient pas envie que le métier d’enseignant chercheur se transforme en course à l’échalote comme le voudrait le gouvernement Sarkozy.

Dans leur sillage, une quarantaine de salariés du CNRS avaient renoncé à des gratifications sonnantes et trébuchantes pour bien faire comprendre que la science est avant tout un travail d’équipe…

Il y a maintenant Jacques Bouveresse, un professeur du Collège de France qui appartient à une espèce en voie d’extinction de philosophes méprisant les distinctions en tous genres : pour cet ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, premier à l’agrég de philo en 1965, elles n’ont pas plus de prix que des médailles en chocolat si ceux qui les décernent piétinent les vraies valeurs, l’Education nationale en particulier, les services publics en général et tout le reste. Bouveresse a donc envoyé promener la ministre qui n’a toujours rien compris et voulait le décorer de la légion d’honneur.


Le titulaire de la chaire de « philosophie du langage et de la connaissance » n’a pas mâché ses mots en donnant les raisons pour lesquelles il ne peut être question en aucun cas pour lui « d’accepter l’honneur supposé» qui lui est fait. Du positivisme logique dans le texte. Où l’apprend que la dichotomie entre les faits et ses valeurs, heurte son empirisme.

Ci-dessous le courrier de M. Bouveresse à Me Pecresse, (ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche)

Madame la ministre,

Je viens d’apprendre avec étonnement par la rumeur publique et par la presse une nouvelle que m’a confirmée la lecture du Journal officiel du 14 juillet, à savoir que je figurais dans la liste des promus de la Légion d’honneur, sous la rubrique de votre ministère, avec le grade de chevalier.
Or non seulement je n’ai jamais sollicité de quelque façon que ce soit une distinction de cette sorte, mais j’ai au contraire fait savoir clairement, la première fois que la question s’est posée, il y a bien des années, et à nouveau peu de temps après avoir été élu au Collège de France, en 1995, que je ne souhaitais en aucun cas recevoir de distinctions de ce genre. Si j’avais été informé de vos intentions, j’aurais pu aisément vous préciser que je n’ai pas changé d’attitude sur ce point et que je souhaite plus que jamais que ma volonté soit respectée.
Il ne peut, dans ces conditions, être question en aucun cas pour moi d’accepter la distinction qui m’est proposée et – vous me pardonnerez, je l’espère, de vous le dire avec franchise – certainement encore moins d’un gouvernement comme celui auquel vous appartenez, dont tout me sépare radicalement et dont la politique adoptée à l’égard de l’Éducation nationale et de la question des services publics en général me semble particulièrement inacceptable.
J’ose espérer, par conséquent, que vous voudrez bien considérer cette lettre comme l’expression de mon refus ferme et définitif d’accepter l’honneur supposé qui m’est fait en l’occurrence et prendre les mesures nécessaires pour qu’il en soit tenu compte.

Jacques Bouveresse

(Source : Marianne 2)

Conseil de lecture : "Le Diable dans un bénitier" : L'art de la calomnie en France, 1650-1800

 Le Diable dans un bénitier : L'art de la calomnie en France, 1650-1800

de Robert DARNTON

Présentation de l'éditeur :

Le Gazetier cuirassé; Le Diable dans un bénitier; La Police de Paris dévoilée; La Vie secrète de Pierre Manuel : quatre libelles parmi des centaines d'autres, pornographiques, délateurs, politiques. Leur accumulation fait corpus, tisse un récit si riche en intrigues et en anecdotes où les vies privées deviennent des affaires publiques qu'il semble que son invraisemblance ne peut être véridique. Mais les archives de la police et des services diplomatiques le confirment en tout point. Surtout, ce corpus est une mine concernant le statut de l'écrivain, le marché du livre, le journalisme, l'opinion publique et l'idéologie dans la France du XVIIIe siècle. 
L'art et la politique de la calomnie, développés sous les régimes de Louis XV, de Louis XVI, de la monarchie constitutionnelle de 1789-1792 et sous la République jacobine de 1792-1794, créent un univers en soi. Une foule de plumitifs et d'écrivailleurs, fruit de l'explosion démographique de la république des lettres, crèvent la faim à Paris, subsistent grâce à des travaux alimentaires pour quelques mécènes, et, lorsque l'embastillement pour dettes menace, se réfugient à Londres notamment où ils se font précepteurs, traducteurs, colporteurs de brochures, tout en produisant en série plagiée, grâce aux rapports fournis par des informateurs secrets à Paris et à Versailles, des opuscules qui diffament le souverain et ses ministres, les danseuses et les hommes du monde, et dénoncent la dépravation et le despotisme. Leurs ouvrages sont édités par les imprimeries qui prolifèrent aux frontières du royaume d'où elles ont tissé des réseaux complexes de contrebandiers qui fournissent partout en France libraires et colporteurs.
Le gouvernement français réplique en envoyant des agents secrets pour assassiner, enlever ou soudoyer les libellistes. La calomnie dans la France du XVIIIe siècle est un courant littéraire et un genre politique qui, après avoir sapé l'autorité de la monarchie absolue, s'intégra à la culture politique républicaine pour atteindre son point extrême sous Robespierre. L'évolution des contenus conforta la permanence de la forme.

  • Broché: 695 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (4 février 2010)
  • Collection : NRF Essais
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070122204
  • ISBN-13: 978-2070122202

Quelques pensées de Nietzsche :

Le quadruple remède nietzschéen :

Dieu n’existe pas
La mort n’est pas à craindre
La souffrance n’est pas un mal
Le bonheur est possible

Quelques citations :

C'est perdre de sa force que compatir

Ce n'est pas le doute qui rend fou: c'est la certitude

Ce n'est pas quand elle est sale que celui qui accède à la connaissance répugne à descendre dans l'eau de la vérité, c'est quand elle est peu profonde

Ce qu'on fait par amour l'est toujours par-delà le bien et le mal

Ce que nous faisons n'est jamais compris,
et n'est toujours accueilli que par les louanges ou la critique

Celui qui ne veut agir et parler qu'avec justesse
finit par ne rien faire du tout

Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir

Mettez-vous au centre de vous même

Deviens qui tu es! Fais ce que toi seul peux faire

Dieu est une réponse aux embarras de l'intelligence

Il est difficile de vivre avec des humains,
parce qu'il est difficile de se taire

Je ne veux pas que mes disciples fassent et pensent comme moi.
Je veux qu'ils trouvent leur propre voie, comme je l'ai fait moi-même

L'homme est quelque chose qu'il faut surmonter

La bêtise des bons est insondable

La maturité de l'homme, c'est quand il a retrouvé le sérieux
qu'il avait au jeu quand il était enfant

La moralité c'est l'instinct grégaire chez l'individu

La pensée du suicide est une puissante consolation;
elle aide à passer plus d'une mauvaise nuit

La vie n'est qu'une variété de la mort, et une variété très rare

L'Assemblée nationale vote l'interdiction du port du voile intégral

L'assemblée nationale a adopté ce mardi 13 juillet, en première lecture, à une écrasante majorité (335 voix contre une), le projet de loi visant à interdire le port du voile intégral dans l'espace public. Le texte a été approuvé par toute la droite (UMP et Nouveau Centre) et quelques élus de gauche, tandis que la quasi-totalité de l'opposition (PS, PCF et Verts), tout en étant résolument opposée au port du niqab et de la burqa, a refusé de prendre part au vote.


Le PS a ainsi mis en avant "le risque juridique" d'une interdiction totale, estimant qu'une censure du Conseil constitutionnel serait "un cadeau inestimable pour les intégristes que nous combattons tous". Le texte doit désormais être examiné, en septembre, au Sénat. Gouvernement et UMP misent sur un vote sans modification, qui entraînera son adoption définitive.

Le texte de la garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie, largement inspiré d'une proposition de loi du patron des députés UMP, Jean-François Copé, ne vise pas spécifiquement le voile intégral mais prohibe "la dissimulation du visage".

Il interdit de fait le port du niqab ou de la burqa dans tout l'espace public, sous peine d'une amende de 150 euros ou d'un stage de citoyenneté, peines qui peuvent se cumuler. Les sanctions entreront en vigueur au printemps 2011, après six mois de "pédagogie".

Toute personne obligeant une femme à se voiler sera passible d'un an de prison et 30 000 euros d'amende, selon un nouveau délit qui entrera en vigueur, lui, sitôt la loi promulguée. Le texte prévoit des peines doublées quand la victime est mineure.

Source : Le Monde.fr

Qu'est-ce que la finance islamique ?


M. Guy Millière explique les dangers de la finance islamique

Soyons très vigilants !
Informez vous et dénoncez !

Il existe même un institut français de finance islamique http://www.institutfrancaisdefinanceislamique.fr/fr/

Visitez leur site et décodez leur discours "éthique" pour bien comprendre et cerner les risques majeurs de dérives communautaristes et religieuses de ce système bancaire et financier soutenu par notre chère ministre de l'économie et des finances (et son administration) Mme Christine Lagarde !

Regardez aussi cette vidéo où cette chercheuse du CNRS, elle même membre de l'institut français islamique (visiblement touchée par la grâce d'allah !) nous explique tout le bien qu'elle pense de ce système financier.


Divers aspects de la pensée contemporaine


Nous ne pouvons que vous conseiller d'écouter régulièrement l'émission sur France Culture : Divers aspects de la pensée contemporaine (podcastable) : http://www.franceculture.com/emission-divers-aspects-de-la-pensee-contemporaine.html La libre pensée a abordé lors de l'émission du 11 juillet dernier la question de la privatisation du militaire (et autres services publics de sécurité et de défense) confié à des sociétés privées.

Pour illustrer le propos, lire aussi le livre de John Scahill : Blackwater - L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde.

Présentation de l'éditeur :

Comment une société privée américaine a-t-elle pu décrocher des marchés publics dans le secteur de la défense et de la sécurité intérieure pour se rendre, peu à peu, indispensable? Où la firme a-t-elle recruté ses centaines de milliers de "réservistes" ? Quel est son rôle en Irak et dans les transferts "spéciaux" de prisonniers? Comment a-t-elle réussi à s'enrichir lors de l'ouragan Katrina? Pourquoi a-t-elle bénéficié de la menace iranienne? Quels sont ses projets pour l'ère post-Bush? A travers une enquête passionnante, Jeremy Scahill révèle la privatisation partielle d'un service public. Un peu partout dans le monde sont engagés des mercenaires d'un type nouveau, agissant parfois hors la loi. Les pires crimes de guerre commis par des hommes de Blackwater en Irak n'ont, à ce jour, pas été jugés. Les enjeux internationaux du nouveau business de la guerre et de la sécurité deviennent ainsi tangibles. Désormais, chaque conflit armé ou chaque catastrophe naturelle dans le monde sont source de profit pour des sociétés privées.

Biographie de l'auteur :

Journaliste d'investigation, Jeremy Scahill s'intéresse particulièrement aux dérives de la politique américaine. Correspondant pour des radios américaines et pour l'émission Democracy Now!, il écrit également pour le magazineThe Nation. En 1998, son reportage sur l'implication de la compagnie pétrolière Chevron dans l'assassinat de deux activistes écologistes nigérians a remporté le prix George Polk, prix qu'il a reçu de nouveau pour Blackwater en 2007. Bestseller aux USA et traduit dans une dizaine de langues, Blackwater fait l'objet d'un projet d'adaptation cinématographique. La version française se réfère à l'édition actualisée de l'enquête, parue aux Etats-Unis en juin 2008.
Références de l'ouvrage :
  • Broché: 392 pages
  • Editeur : Actes Sud (1 octobre 2008)
  • Collection : Questions de Société
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2742778578
  • ISBN-13: 978-2742778577

Conseil de lecture : "Dieu et Marianne"


  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Presses Universitaires de France - PUF
  • Édition : édition revue et augmentée (1 janvier 2005)
  • Collection : Fondements de la politique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2130548571
  • ISBN-13: 978-2130548577
En ces temps d'examen du projet de Loi interdisant le port de la burqa dans l'espace public, lire ou relire cet ouvrage est salutaire et indispensable.

PRESENTATION DU LIVRE

Dieu, c’est l’objet d’une croyance purement spirituelle, propre à certains hommes. Invoqué pour contraindre ou pour imposer une forme de spiritualité, Dieu est-il encore Dieu ? De nombreux croyants en doutent, qui rejoignent les libres penseurs dans le refus de toute confusion entre pouvoir temporel et témoignage spirituel. Et ce refus concerne aussi bien les groupes de pression confessionnels de la société civile que l’imposition d’un credo par un Etat clérical.

Marianne, c’est la République, c’est à dire le bien commun aux hommes. Généreusement ouverte à tous sans distinction, elle ne peut aliéner à personne l’espace de concorde qu’elle fait advenir : sa raison d’être est de promouvoir ce qui unit tous les hommes, non ce qui les divise et les enferme dans des « différences ». D'où la nécessaire séparation de l’Etat et des Eglises, réalisation juridique de la laïcité. L’égalité des croyants et des athées, mais aussi des croyants entre eux, est à ce prix.

La refondation laïque du droit ne permet pas que l’on glisse subrepticement de la dimension collective des religions à la nécessité supposée de leur reconnaissance publique. Sauf à ensevelir l’espace public sous la mosaïque des communautarismes. Est collectif ce qui concerne certainsprivé . Est public ce qui se rapporte à tous. Seule une hostilité à la République – ou une méprise sur son sens – peut conduire à souhaiter son effacement derrière des groupes de pression confessionnels qui aspirent à leur consécration publique au titre de leur place dans la société civile. La plénitude de la liberté de conscience interdit tout privilège accordé à une opinion spirituelle particulière, et toute monopolisation de la sphère spirituelle par les seules religions.

L’idéal laïque associe de façon forte la liberté de conscience, l’égalité éthique, juridique et symbolique des citoyens, et leur autonomie rationnelle. D’où sa portée positive universelle. Délier pour unir : une authentique fraternité peut désormais advenir. La laïcité n’est pas une option spirituelle parmi d’autres, mais le plan où les options spirituelles apprennent à se transcender pour que puisse apparaître ce qui est commun à tous les hommes.

Contrairement à César, figure traditionnelle de la domination, Marianne ne se tient pas en surplomb au-dessus des hommes : elle n’est, en réalité, que la forme politique de leur union consentie par adhésion aux principes d’égalité et de liberté, l’expression même de leur souveraineté individuelle et collective. La neutralité confessionnelle de la République n’est donc pas le signe de son hostilité à la religion, mais la marque d’une exigence d’universalité propre à une puissance publique effectivement dévolue à tous les hommes. L’unité du peuple, en deçà de ses différenciations, est bien la référence décisive de l’émancipation laïque. Et son principe essentiel. Dieu et Marianne, ainsi affranchis l’un de l’autre, n’ont pas à se faire alliés ou ennemis, car ils relèvent de registres rigoureusement distincts. Libération réciproque, grâce à la séparation laïque.

La République, transcendance toute humaine du bien public par rapport aux intérêts particuliers, appelle sans doute une symbolique propre, et l’hommage d’une figuration sensible, mais elle n’a nul besoin d’une sacralisation dominatrice. Il est donc faux de la dépeindre comme une sorte de puissance tutélaire, et de prétendre qu’elle aurait fait l’objet, au moment de la laïcisation qui lui a donné tout son sens, d’un transfert de sacralité. Double contresens, sur l’Etat républicain, illégitimement pensé en analogie avec les Etats de domination traditionnels, et sur la laïcité elle-même, conçue à tort comme le relais d’une religion. Quant aux engagements religieux, s’ils sont vécus avec assez de respect des autres postures spirituelles pour éviter la tentation cléricale et l’intolérance, ils ne doivent plus requérir de soutien du pouvoir politique ni de reconnaissance officielle. De cette manière sont éradiqués les facteurs d’affrontement, anciens et récents, pour cause réelle ou imaginaire d’options spirituelles différentes.

La laïcité n’est pas simple sécularisation, mais promotion active, par l’instruction publique notamment, de l’autonomie de jugement qui affranchit les hommes de toute tutelle civile ou politique, qu’elle soit religieuse ou non. La concorde qu’elle rend possible est ainsi la plus authentique qui soit, car elle ne repose sur aucune sujétion des consciences, aucune emprise idéologique. Elle joint le généreux pari sur la liberté au souci d’un monde commun aux hommes. Seuls des hommes maîtres d’eux-mêmes et de leurs pensées, pleinement égaux et libres, peuvent donner sens et vie à la fraternité qui les unit sans les lier.

Tel est le message d’avenir et d’espoir laïque. Il est possible d’en mesurer toute la portée dans un monde que déchirent à nouveau les quêtes fébriles d’identité par lesquelles on croit pouvoir compenser la froide mercantilisation de toute chose et la misère moderne qui en est la rançon. Encore faut-il ne pas se tromper de diagnostic sur les causes de ce naufrage du sens, en imputant à la laïcisation ce qui provient d’un déficit de justice et de maîtrise sociale de l’économie. A cet égard, l’idéal laïque est aux antipodes du moralisme où tend à sombrer la politique, comme du conformisme qui fait du capitalisme l’horizon indépassable de notre temps. Il n’a rien à voir avec ce « monde désenchanté » qu’on nous dépeint trop souvent comme le désert du sens qu’aurait laissé le reflux du religieux dans la sphère privée. L’humanisme critique de la pensée laïque libère au contraire la vie spirituelle de toute étroitesse, en se réglant sur l’idée la plus haute de l’accomplissement humain. Mais pour qu’une telle référence garde un sens qui ne soit pas illusoire, il invite à transformer le monde, lucidement, à partir d’une connaissance des causes de sa détresse et de son injustice. Jaurès le rappelait : seule la République sociale peut accomplir pleinement les promesses de la laïcité. Et la réciproque est sans doute vraie, car la puissance d’agir sur un monde plus juste dépend de la puissance de comprendre.

HENRI PENA-RUIZ

Biographie : Henri Pena-Ruiz est maître de conférence à l'Institut d'études politiques de Paris et professeur agrégé de philosophie en Khâgne (classe supérieure classique) au lycée Fénelon.

Philosophe et écrivain défendant les valeurs de solidarité, il est devenu un spécialiste des questions de laïcité qu'il pose comme fondement de l'universalité. C'est à ce titre qu'il a été en 2003, l'un des vingt sages de la commission sur la laïcité présidée par Bernard Stasi.

Bibliographie : Les Préaux de la République (1991), La Laïcité (1998), L'Ecole (1999), Dieu et Marianne, Philosophie de la laïcité (1999), La laïcité pour l'égalité (2001), Le roman du Monde (2001), Un poète en politique, les combats de Victor Hugo (2002), Qu'est-ce que la laïcité ? (2003), Leçons sur le bonheur (2004), Histoire de la laïcité, Genèse d’un idéal (2005).

Membre du Parti de Gauche Henri Pena-Ruiz a donné cette conférence au sein de son Parti le 18 juin dernier :